“Respecter l’espace de l’autre, c’est préserver la liberté et l’harmonie.”
A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.
A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.
À peine avions-nous achevé le repas que Chloé m’adressa ces mots à l'oreille : « C’est maintenant que notre grand problème arrive ! »
La suite la semaine prochaine…
A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.
Chloé m'explique qu'elle a engagé sa main dans la création de cette toile, empreinte d'un style post-impressionniste (1886-1905). Elle s’inspire de l'œuvre de Vincent van Gogh, maître incontesté du couteau et de la pâte : il est l'un des plus éminents praticiens de la peinture en épaisseur, de l’impasto, mais également de cette touche expressive, tourmentée qui transcende la simple représentation. Les coups de couteau ne se bornent pas à un mimétisme réaliste ; ils s'aventurent dans le domaine de l'émotion brute.
Le ciel tourbillonne, le champ vibre d'une énergie presque palpable, et la figure semble se fondre dans cet environnement vivant. La lumière, loin d'être un éclairage doux et subtil, se présente comme une force émanant de la couleur elle-même. Les jaunes, les oranges et les bleus vifs s’entrelacent, créant une vibration, une intensité lumineuse qui rappelle l'œuvre de Van Gogh.
A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.
A la belle lumière du jour, nous étions chez nous — étape psychologiquement décisive de notre biographie.
Les premières valises que nous venons de déposer chez nous. Chloé vous invite à partager ce moment crucial de notre vie à travers cette photographie.
Petit retour sur nos fêtes :
Une petite anecdote que je garde précieusement : lors de cette photographie, mon père, animé par une malice complice, prit mon verre de vin rouge et le substitua discrètement par son propre verre d’eau. En voyant cette manœuvre, mon grand-père se laissa entraîner, reproduisant à son tour le même geste avec mon verre de vin blanc. La scène se transforma en un véritable théâtre d’éclats de rire.
Chloé, incapable de contenir son hilarité, se mit à rire aux larmes, s’écriant entre deux hoquets : « D’accord, c’est une cabale pour faire de moi la pochtronne du couple ! D’accord, d’accord ! »
Mes parents ont fait venir Maria, notre cuisinière, et ont pris un couple extras locaux pour le service, très gentils tous les deux. Maria s'est surpassée et le repas est d'un raffinement culinaire extraordinaire, mon repas idéal.
Je vous fais partager ce menu de rêve : En entrée : salade crevettes, crabe et mangue. En plat : tournedos Rossini (petite précision inventée par Gioacchino Rossini (1792/1868), compositeur qui a arrêté sa carrière à 37 ans avec son dernier opéra : Guillaume Tell) accompagné de châtaignes grillées au four, de petits légumes d'hiver. J'aime tout sauf l'artichaut (preuve dans mon assiette, pas mangé), une écrasée de pommes de terre aux truffes (foie gras et truffes forment une alliance gustative exquise, Maria a pensé à Chloé), un immense plateau de fromages, et des profiteroles au chocolat. Pour accompagner ce repas de rêve, Père avait pris mon vin préféré d'un domaine de rêve : Gevrey-Chambertin, mes favorites vieilles vignes, domaine Alain Burguet de 2011, et en champagne un Louis Roederer Cristal 1996. Je crois que c'est le meilleur menu que j'ai mangé de ma vie. Chloé a fait attention à sa consommation d'alcool, cela me fit également plaisir. J'ai pu câliner mes grands-parents, c'était très doux. Le seul petit point noir de cette journée était l'absence de mon oncle et de ma tante, mais l'état de santé de mon oncle s'est encore détérioré, elle ne leur permettait pas de venir en Europe.
Le repas chez les grands-parents de Chloé fut une expérience non seulement savoureuse, mais aussi traversée par une insoumise légèreté des esprits : les rires fusaient comme une affirmation fragile mais tenace de liberté. J’aime mes beaux-parents, également présents, et j'ai une proximité intime avec ma belle-mère, dont ma présence auprès de Chloé la rassure et interpelle. Quant à ses grands-parents, ils exhalent une bonté qui échappe à la froideur des chiffres et des manières ; une gentillesse qui, loin de se soumettre au calcul, se donne sans réserve.
Pendant ces fêtes, nous avons mangé comme deux ogres affamés et bu extraordinairement, pour faire plaisir. Ce déchaînement gourmand n’est autre chose que le signe, parmi d’autres, de notre sens inné du sacrifice : que ne ferions-nous pas pour rendre nos proches heureux ?
Ainsi, à Noël, nous nous sommes offert le signe même de notre liberté partagée. À Chloé, j’offre une séance hebdomadaire chez une kinésithérapeute ostéopathe pour l’année à venir. Tous les jeudis, je me suis offert la même chose mais pour ma part tous les mardis ; et elle, en retour, m’offre deux casques VR Meta Quest 3, afin que nous puissions nous transporter ensemble, sans bouger, dans l’immense univers du métaverse. Nous avons déjà partagé deux nuits de Scrabble, pour éprouver la solidité du lit — franchement ? Mission accomplie. Nos proches nous ont offert des virements, et chez les grands-parents de Chloé, de l’argent et des parfums. Comment interpréter le parfum ? lol
Le repas chez les grands-parents de Chloé fut une expérience non seulement savoureuse, mais aussi traversée par une insoumise légèreté des esprits : les rires fusaient comme une affirmation fragile mais tenace de liberté. J’aime mes beaux-parents, également présents, et j'ai une proximité intime avec ma belle-mère, dont ma présence auprès de Chloé la rassure et interpelle. Quant à ses grands-parents, ils exhalent une bonté qui échappe à la froideur des chiffres et des manières ; une gentillesse qui, loin de se soumettre au calcul, se donne sans réserve.
Pendant ces fêtes, nous avons mangé comme deux ogres affamés et bu extraordinairement, pour faire plaisir. Ce déchaînement gourmand n’est autre chose que le signe, parmi d’autres, de notre sens inné du sacrifice : que ne ferions-nous pas pour rendre nos proches heureux ?
Ainsi, à Noël, nous nous sommes offert le signe même de notre liberté partagée. À Chloé, j’offre une séance hebdomadaire chez une kinésithérapeute ostéopathe pour l’année à venir. Tous les jeudis, je me suis offert la même chose mais pour ma part tous les mardis ; et elle, en retour, m’offre deux casques VR Meta Quest 3, afin que nous puissions nous transporter ensemble, sans bouger, dans l’immense univers du métaverse. Nous avons déjà partagé deux nuits de Scrabble, pour éprouver la solidité du lit — franchement ? Mission accomplie. Nos proches nous ont offert des virements, et chez les grands-parents de Chloé, de l’argent et des parfums. Comment interpréter le parfum ? lol
Ce week-end, nous gagnerons Londres, berceau de notre couple et miroir de nos libertés naissantes. Nous avons l’intention d’y faire nos emplettes, d’acquérir des vêtements chauds pour contrer le froid qui nous saisit à Lausanne et rappelle sans cesse notre fragilité commune ; nous ne sommes pas encore suffisamment équipées pour affronter le monde tel qu’il est. J'ai des tenues de ski, des combinaisons, des anoraks, des tonnes de pulls de sport mais rien de très habillé. De plus, nous chercherons dans de petites boutiques de stylistes — ces ateliers où le soin et l’originalité et la qualité prévalent — des habits qui parlent à mon cœur, des pièces chères à mon souvenir, que j’associe à mon enfance, lorsque nous venions ici avec Zabet. Dans les vitrines discrètes et parmi ces étoffes choisies avec une attention méticuleuse, nous ne cherchons pas seulement la chaleur, mais aussi une manière de nous habiller davantage par nos choix, les contours de ce que nous aspirons à devenir ensemble, car Chloé et moi ne partageons pas les mêmes goûts.
A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.
Pour ces fêtes, Chloé renonce à son appareil afin d’interroger la lumière au pinceau. Je demeure sa muse — habitant son regard et conférant à ses créations une signification qui dépasse le geste lui‑même. Je me découvre en figure de mère Noël, dans la gravité lumineuse d’un don. Ce tableau à l’huile sera le cadeau de Noël que Chloé offrira à mes grands‑parents.
Nos présents destinés à l’Australie (la famille de Charlotte, sœur de Chloé), aux États‑Unis (Zabeth et ma famille américaine) et à Lille (notre filleul et nos amis) voyagent déjà, afin que, le jour de Noël, le Père Noël les dépose à bon droit et conformément à l’écran d’un devoir accompli. Nous remettrons les cadeaux en direct au reste de la famille, Maria incluse.
Nous sommes les plus heureuses femmes de la terre. Notre appartement répond à cent pour cent à toutes nos attentes et exigences. Ce lieu est magnifique ; au-delà de nos espérances, Arnaud a accompli un travail remarquable, et il nous est facile de nous projeter dedans. Par la suite, nous devons finaliser notre installation par de petits détails, les gestes qui vont façonner notre nid d’amour.
L’heure était tardive et nous découvrions notre appartement ; nous n’avons pas demeuré couchées, car l’absence de chauffage aurait rendu cette nuit difficile, et rester pour rester aurait été plus puéril qu’autre chose. Nous avons déjà nos abonnements liés au logement (électricité, eau chaude, chauffage, assurance habitation). Il me faut savoir comment activer le chauffage et obtenir l’ouverture de notre ligne 5G sécurisée déjà présente dans l’immeuble, via l’entremise de la banque auprès de Swisscom. Tant que nous n’aurons pas une connexion Internet, indispensable au télétravail de ma bien-aimée, nous avons choisi de demeurer dans ce petit appartement ; et durant la semaine où Chloé sera à Paris, je suivrai aussi son pas dans ce même écrin modeste. Nous voulons aussi accrocher nos tableaux. Trop souvent, les gens laissent leurs tableaux reposer sur le sol pendant des mois, par peur de faire des trous dans les murs. Pour nous, c’est un réflexe contraire : sans art, notre appartement n’aurait aucun sens, aucune vie.
Nous avons programmé notre première nuit pour le 20 décembre : nuit où je ne suis pas certaine que nous serons, dans le calme qui sied à une découverte commune, à apprivoiser les dispositions les plus sereines ; il semblerait, en vérité, que Chloé et moi portions en nous d’autres pensées, d’autres projets qui, pour un temps, réclament leur propre secret. Chloé me confie qu’elle n’aurait jamais cru aimer autant le Scrabble avant notre mariage. Ce sera notre premier souvenir fort en émotions. Lorsque vous lirez ces mots, cette longue nuit aura eu lieu.
Ma garde à l’hôpital et le fait que nous ne puissions être réunies pour le réveillon, ni pour une grande partie de Noël, assombrissaient nos heures et pesaient sur nos âmes comme une privation de vie commune. Pourtant, aujourd’hui même, nous recevons le plus précieux cadeau de Noël que puisse nous offrir l’existence : notre appartement, notre foyer, l’endroit où nous choisissons d’être libres ensemble, contre l’absurdité du monde et les contraintes qui nous encadrent. Cela va nettement améliorer notre qualité de vie et le confort au quotidien.
Je suis la première surprise de voir que l’acquisition et la réception de cet appartement me procurent une sensation de réussite qui m’échappait encore hier. Il semble que le fait de posséder notre logement nous insère dans la stabilité et la maturité de notre couple, comme si le cadre matériel témoignait d’une liberté conquise plutôt que d’un simple appartement. Cette impression me remplit d’une fierté qui ne se réduit pas à un regard sur le présent, mais affirme notre capacité à choisir notre propre chemin ; c’est dans ce choix partagé que je perçois le bonheur comme vocation, et non comme destinée.
Avec une coupe de champagne à la main, Chloé et moi réalisons notre amour pour la Suisse qui nous porte, pour Lausanne qui nous abrite, et cette évidence joyeuse que chaque réveil à côté de celle que l’on aime est une joie qui se renouvelle. À vingt-cinq ans, mariées, Chloé occupe un travail qui la comble ; de mon côté, mes études avancent avec assiduité et mon rêve d’exercer le métier de pédiatre prend doucement naissance. Nous sommes propriétaires, sans emprunt, de notre appartement, et la Tilomobile neuve nous transporte vers une mobilité qui semble nous appartenir. Ne serions-nous pas en avance sur le programme des couples de notre âge ?
Maintenant, tous ces biens ne sont pas une fin en soi : de nombreux défis nous attendent dans l’équilibre des besoins réels de chacun. Le fait même de pouvoir créer nos propres espaces de vie, à notre image, et d’y sentir bien, va mobiliser des enjeux conscients et inconscients, fantasmatiques et imaginaires importants. Être chez soi et être soi ne sont guère éloignés ; c’est dans un savoir-habiter, une action sur son habitat, que notre espace va pouvoir se construire.
Je me suis interrogée et j’ai tenté d’analyser ce qui, dans mon comportement psychique, se déploie lorsque je parle de « chez moi ». Ce chez moi ne se réduit pas à l’ordre d’un lieu propre et bien tenu ; il est une enveloppe, mais pas une enveloppe sans sujet : une protection qui n’est pas donnée une fois pour toutes, mais toujours questionnée et refondée dans l’expérience vécue. Si l’on ose parler d’enveloppe psychique, on ne peut ignorer que, chez moi comme chez tout être libre, elle est aussi limite et cadre : elle enferme et elle protège, elle oblige et elle témoigne. Il me semble alors utile d’évoquer ce qu’un tel concept aurait à voir avec ce que certains appellent le Moi-Peau, non comme un refuge passif, mais comme une frontière mouvante entre intime et extérieur, entre corps et monde, entre l’intérieur qui désire et l’extérieur qui presse.
L’appartement n’est pas seulement un décor qu’il faut tenir digne, ni un simple atelier où l’on exhale un souci d’ordre ; il se présente comme une métaphore vivante de l’espace personnel. Être chez moi, ce n’est pas seulement être dans ma chair ou dans mes murs : c’est être en soi-même, en ce corps qui me parle, en cet espace psychique qui me constitue et me met en danger. Être chez moi, être au monde, c’est alors un double geste : habiter un endroit concret tout en habitant son propre être, y puiser un sens qui affirme ma liberté et mes limites. Le foyer, loin d’être un refuge passif, se donne comme un dedans qui protège du dehors, mais qui interroge sans cesse ce dehors : qu’est-ce que je refuse d’emporter et que j’accepte d’investir ?
Mon outil d’expression doit alors être pensé comme une armoire à mémoire et à savoirs – un lieu où l’on peut investir et réinvestir, en souvenir et en idée, en échange de savoirs et de gestes partagés. Bref, envisager le « chez moi » comme un espace contenant, mais aussi comme une demeure qui m’appelle à transcender l’inaction et à choisir, jour après jour, ce qui peut demeurer et ce qui peut se renouveler pour nourrir la sécurité et la liberté qui me fondent. L’être « chez moi » se situe donc très clairement du côté de l’enveloppe protectrice, tandis que le « savoir vivre ensemble », par exemple, se situerait du côté d’une action.
Bien que cette réflexion soit intéressante, je vais ici mettre en suspens ma modeste analyse, sans prétention aucune. Elle demanderait, en effet, à être travaillée, approfondie et refondée dans le temps par une exigence constante de clarté et de critique.
À la consultation de notre emploi du temps, qui étouffe chacun de nos instants, il nous sera malheureusement impossible de vous écrire un autre article avant l’année prochaine.
Chloé et moi vous adressons nos vœux les plus sincères : que Noël vous apporte, malgré les contraintes et les détours, des réveillons empreints de joie, de sérieux et de fraternité ; que la fin de l’année 2025 se meure sous le signe des rires et des accomplissements partagés. Puisse l’avènement de 2026 vous trouver en bonne disposition et en bonne santé, prêts à nous retrouver pour poursuivre ensemble ce plaisir et cette vie que nous appelons de nos vœux à partager avec vous, lecteurs et lectrices.
À vous, lecteurs et lectrices, nous vous adressons nos embrassades les plus chaleureuses.
Nous sommes, toutes les deux, les femmes les plus heureuses de la planète.