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  • vendredi 31 juillet 2026

    Journal de bord 31/07/2026 Organisation, Rénovation, Vie

    “ Le chaos précède la renaissance, avec patience et amour.


    Ce mois de juillet s’achève doucement, laissant derrière lui une douceur éphémère, tandis qu’il me reste encore vingt-deux jours d’août pour achever mes remplacements en cabinet, avant de conclure cette saison par une garde à l’hôpital, le samedi vingt-deux. Il ne me reste qu’un seul dimanche pour me ressourcer, faire ma valise en vue des vacances — un devoir que Chloé ne pourrait accomplir à ma place. 

    Chloé a une manière de plier ses vêtements qui s’apparente à un véritable art abstrait : certains plus ou moins comprimés, d’autres en boule, et toujours elle conclut : « L’essentiel, c’est que ça ferme ! »

    Une photo de son dressing témoigne, d’ailleurs, de cette crainte irrationnelle que j’ai qu’elle puisse prendre en main la moindre de mes affaires. Nos espaces de rangement se ressemblent comme deux gouttes d’eau, nos dressings sont identiques, inversés simplement par nécessité technique. Comment décrire cette indéfinissable pagaille ? Quand je vous évoquais un tremblement de terre, avouez que je n’étais pas si éloignée de la vérité. Si vous souhaitez voir, une photographie du mien se trouve sur la page : Appartement. ICI.

    Lorsque je lui ai demandé son accord pour que Chacha immortalise son dressing, elle m’a répondu simplement « d’accord », mais à la condition d’obtenir une faveur en échange. Puis elle s’est ravisée, ne souhaitant plus que cette photo soit publiée. Finalement, elle a accepté, sachant ce qu’elle désire en retour. Bon… je ne sais pas encore précisément de quoi il s’agit. Il faut que je vous aime tous, pour avoir consenti à ce pacte sans connaître réellement ses termes ni ses implications.

    Quant à Chacha, pour qu’elle puisse prendre des photos de son atelier, nous — Chacha, moi-même et Chloé — avons passé plus de trois journées entières à organiser, trier, ranger, sans relâche. Ah, quand même… cette tâche, aussi banale qu’elle puisse sembler, s’est révélée être une véritable entreprise, une épreuve de patience et d’endurance.

    Mais, cela dit, je l’aime ma Chloé, je l’aime telle qu’elle est, et je préfère en rire lorsqu’il s’agit de ses affaires : « Ben oui quand même… je n’irais pas plus loin. » Car, après le dressing, lorsque ses affaires transitent par la valise, elles sont un peu moins bien repassées (évidemment !).

    Voilà, Arnaud, notre maître d’œuvre, est passé pour notre garage duplex. Il a pris toutes les mesures, et surtout, il nous a questionnés sur la manière dont nous envisageons l’usage de cet espace, quel mobilier nous souhaitons voir, etc. Moins de questions qu’il n’en posait pour l’appartement, donc on peut dire que cette fois, nous nous en sortons plutôt bien.

    Comme mon beau-père, Arnaud demeure émerveillé devant notre porte blindée de garage, surtout par son mécanisme de fermeture multi-axes, fixé au sol et au plafond, avec cette barre métallique qui vient s’interposer, comme si l’on voulait fermer non pas un simple local, mais un véritable bunker à faire pâlir la normandie. Il s’est même fait enfermer à l’intérieur pour voir comment cela fonctionne. Une fois à l’intérieur, Chloé lui a crié à travers la porte : « Alors, de combien de pourcentage de remise pour ces travaux ? » J’ai apprécié sa réponse : « Un pourcent de plus que ce que je comptais vous offrir ! » Arnaud, une fois libéré, nous assure que les voleurs auront tout intérêt à s’attaquer aux murs de pierre, dont l’épaisseur atteint quatre-vingts centimètres, plutôt qu’à la porte elle-même. Il semble que, par rapport à cette dernière, la solidité des murs, même anciens, leur paraîtra bien plus accessible.

    Chloé et moi, nous entamons le lundi 7 septembre une nouvelle étape dans nos vies professionnelles. Arnaud, notre maître d’œuvre, nous a priés de vider le garage de toutes nos affaires, car les travaux doivent commencer dès le lundi suivant, le 14 septembre. Nous projetons de louer un petit espace dans le voisinage, afin d’y déposer nos effets personnels, pour préserver la voiture, que je préfère ne pas voir exposée aux caprices du dehors. J'ai sollicité l'aide de Chloé pour cette recherche, peut-être même que nous aurons cet espace avant notre départ en vacances. J’espère que cette période estivale, si propice à la recherche, nous sera plus favorable qu’à la rentrée, lorsque tout redeviendra plus difficile, plus pressé.

    Arnaud, en quittant notre compagnie, n’a pas totalement apaisé mes tourments. Il m’a confié que le chantier demanderait un effort considérable, mais qu’il espérait en tirer quelque chose de digne d’être montré. Il élaborera un plan, et, comme pour l’appartement, nous en jugerons le fruit une fois le travail achevé, puisqu’il a reçu toute latitude pour agir. Dans le meilleur des cas, à vue de nez, et suivant le cap du vent, il faudra compter deux à trois mois pour mener à bien ces travaux et l’installation du mobilier. « Vous l'aurez pour Noël, enfin si le Père Noël ne boit pas tout le vin de la cave ! », me dit-il avec son humour taquin.

    C’est donc sur cette plaisanterie de petit fripon que je vais vous quitter. Je devrais, en principe, rédiger un autre article avant notre départ en vacances.

    A dans une quinzaine de jours, donc.

    A Bientôt,
    Til Chlo.

    jeudi 16 juillet 2026

    Journal de bord 16/07/2026 Chaleur, Famille, Refuge

    “ La chaleur révèle nos fragilités, mais aussi notre force à y faire face. 


    La chaleur accablante persiste à Lausanne, enveloppant la ville d’une torpeur pesante. Selon les experts, le mercure s’est élevé de quinze degrés au-dessus des normales saisonnières, comme si la saison elle-même s’était affranchie de ses lois naturelles, s’étirant dans une langueur insoutenable.

    Chloé, sort très tôt le matin pour faire les courses, car c'est elle la maîtresse de maison qui gère l'intendance et nos  repas. Elle s'enferme ensuite dans l’intimité de notre appartement, trouve refuge dans la fraîcheur de la climatisation, échappant ainsi à cette fournaise. Puis part à la piscine d'un hôtel se baigner, alors que je suis au travail.

    Je ne suis pas encore à la maternité, mais déjà, la vision des nouveau-nés m’habite — fragiles, vulnérables face à cette chaleur oppressante. Les tout-petits, si sensibles aux caprices du climat, peinent à réguler leur température, leur organisme étant démuni de la transpiration efficace pour évacuer la chaleur. La déshydratation, le coup de chaud, se manifestent alors par un état fébrile, comme autant de signes d’une lutte silencieuse contre l’environnement.
    Une salle d’attente débordante, en flux continu, témoigne de cette urgence, où chaque nouveau-né est une petite bataille contre la chaleur et l’indifférence du temps.

    De retour à la maison et sur le blog :

    Plein plein plein de mercis à Manu, Chacha et notre Jo. Vous nous offrez un site-blog de rêve.
    Nous avons procédé à de nombreuses modifications des sous-onglets dédiés aux photographies de l’appartement, à la musique, au travail de Chlo et j'en passe. Il nous a semblé plus approprié de garder le sous-menu "chez nous" pour rassembler des images où notre présence est visible, plutôt que pour les clichés purement neutres. Ainsi, vous disposez désormais d’une galerie distincte : l’une représentant notre demeure dans sa simplicité, l’autre portant la trace de notre passage, témoins silencieux de notre existence dans ce lieu. Notre maison est celle qui nous habite, notre intérieur, notre refuge, notre miroir, celle qui nous protège et nous dévoile à la fois.

    Concernant ce shooting photo de Chacha où nous apparaissons avec Chloé, j’aurais préféré qu’elle porte une tenue un peu plus soignée, un peu plus apprêtée. Cependant, ce jour-là, Chloé n’était pas dans une très grande forme et tenait à porter des vêtements qui reflètent sa personnalité et ses goûts, pour que les photos lui ressemblent vraiment, m'a-t-elle répondu. (No comment !)

    Cette semaine, nous avons également déployé l'onglet « Sport » de chaque côté. J’ai ainsi tenté de restituer fidèlement ce que Chloé souhaitait exprimer. Pour ma part, vous pourrez découvrir en détail l’ensemble de mes exploits sportifs, témoins de ma détermination et de ma passion.

    Bon surf, que ce soit sur la mer ou ici, sur notre site-blog, et bonnes vacances.

    A Bientôt,
    Til Chlo.

    mardi 7 juillet 2026

    Journal de bord 07/07/2026 Notre modeste refuge.

    “ Chaque transformation forge notre identité, avec patience et passion. 




    Comme vous l’avez sans doute remarqué, notre modeste blog est en pleine métamorphose, tel un chantier où chaque pierre est posée avec soin et détermination (casque obligatoire, bien sûr).

    Sur notre site, la section dédiée aux pages fixes : j’espère que le nouveau design vous séduit pleinement. Sans Jo, notre concertiste et accordéoniste lyonnais, ainsi que son épouse Emmanuelle (Manu), un tel résultat n’aurait jamais été possible. En effet, toute la conception et la réalisation leur reviennent de droit. La nouvelle page contact fonctionne désormais à la perfection, ce qui constitue pour nous une avancée vraiment remarquable.

    Même privé de la vue, Jo reste un maître en conception et programmation, dont le savoir-faire demeure précieux et intact. Quant à Emmanuelle (Manu), elle possède un goût sûr et une sensibilité esthétique qui s’accordent parfaitement avec celles de Chloé et Charlotte.

    Si vous passez près de Lyon, je ne peux que vous conseiller de monter jusqu’à la basilique de Fourvière. Elle est splendide, et vous aurez la chance d’assister à une interprétation de Bach par notre maestro. N’hésitez surtout pas à lui offrir un petit billet, car comme il le dit avec beaucoup d’humour : « Il accepte tout : euros, francs suisses, dollars, yens… »

    Nous avons eu le plaisir d’accueillir Charlotte parmi nous, ici même, pendant quelques jours. Lors du premier shooting, elle a orchestré une série de photographies où nous apparaissons, capturant la simplicité de nos silhouettes, de nos regards et de nos instants partagés — tout ce que j’aime : jouer le rôle de la plante verte. Par la suite, elle a réalisé un second shooting entièrement dédié à notre appartement, ses meubles et bibelots, dans le but de saisir l’atmosphère de notre demeure tout en cherchant à en épurer l’encombrement. Son objectif était d’obtenir une image la plus neutre et intemporelle possible, afin de permettre à chacun de mieux se projeter dans cet espace qui nous appartient.

    Lors de ce deuxième shooting, elle a travaillé à réduire l’accumulation de nos objets pour créer une ambiance plus neutre et intemporelle. En quelque sorte, nous sommes passés du rôle de modèles à celui de déménageurs !

    Enfin, la fameuse page présentant notre appartement est désormais en ligne dans la section « Galerie ». J’espère qu’elle vous plaira !

    De mon côté, je n’ai pas laissé le temps s’écouler en vain : j’ai entièrement réécrit et mis à jour chaque page, intégrant les modifications nécessaires pour que notre espace numérique reflète fidèlement ce que nous sommes aujourd’hui.

    Chloé profite d’un congé de deux mois. Non, je ne suis pas jalouse — enfin, un peu… Elle débute en septembre un nouvel emploi en tant que directrice artistique en haute joaillerie à Genève.

    De mon côté, la bonne nouvelle, c’est que ma première année d’internat est validée, et ma thèse progresse dans la bonne direction.

    Cet été, à l’hôpital, je suis sollicitée pour de nombreux remplacements en cabinet, ainsi que pour des gardes incessantes jusqu’au 16 août. Mais nous avons prévu une escapade à Ramatuelle, dans la maison de campagne de mes parents, où la seule activité prévue sera… dormir.

    Mais revenons à notre blog — ou plutôt à notre site, je ne sais plus comment je dois le désigner.

    Nous vous souhaitons la bienvenue dans notre humble logis, un lieu où l’esprit et le cœur se rencontrent, offrant confort et sérénité pour faire de cet espace un havre de paix au cœur du tumulte du monde. Faites-en votre chez-vous, aussi longtemps que votre séjour le permettra.

    Notre « plan flex » s’inscrit dans cette dynamique, où la vie circule librement au sein d’un quartier commerçant animé : mode, bijouterie, montres, arts de table, chocolateries. Situés dans la vieille ville, au centre historique, nous sommes entourés de cafés, restaurants et boutiques, notamment notre restaurant préféré « Le Jacques », qui reste une référence locale, rappelant que l’instant est à la fois contexte et choix.

    Je me tiens silencieuse, et avec Chloé, nous vous invitons à découvrir notre appartement, à travers les clichés de Charlotte, afin que chacun puisse se faire son propre avis.

    Afin de garantir la cohérence du site, il m’a été demandé de signer nos articles en débutant par mon prénom. Voici donc le premier article à porter cette signature.

    Si vous remarquez quelques coquilles ou incohérences, n’hésitez pas à m’en faire part. Vos impressions sur cette nouvelle étape de notre présence en ligne seront les bienvenues. Promis, dès que possible, je viendrai vous faire un petit coucou.

    En attendant, je vous souhaite à tous un excellent été !

    A Bientôt,
    Til &Chlo

    P.S. Seul le dressing de Chloé — identique au mien — vous demeurera inconnu. Imaginez un peu, un séisme, dont nul média n’a parlé, a traversé la Suisse, le canton de Vaux, Lausanne — non, rien de tout cela — il a simplement secoué le dressing de Chloé, ce qui, bien entendu, a rendu son accès presque impossible, comme si la terre elle-même s’était soulevée pour l’empêcher d’y mettre un peu d’ordre.

    mercredi 24 juin 2026

    Journal de bord 24/06/2026 Épreuves renaissances, Promesse fragile, Vie capricieuse.

    À travers les épreuves et les renaissances, il faut avancer avec courage, car chaque étape forge notre véritable histoire.


    Nous voici de nouveau à déposer un article sur notre blog, tels des témoins discrets d’un temps qui s’écoule, avec ses joies et ses douleurs silencieuses. Nous ne souhaitons point faire de promesses vaines, car la vie demeure trop capricieuse pour que l’on puisse en prévoir l’issue. Notre intention est d’écrire, sans relâche, un article par mois, comme une promesse fragile mais sincère.

    Ma Chloé souhaite que nous repartions de zéro, que nous bouleversions nos pages fixes, que l’apparence même de cet espace change. Nous ne sommes plus les deux jeunes filles du début du blog, mais deux jeunes femmes mariées. La tâche est immense : refaire la présentation, repenser le design, tout un travail en somme, alors que je suis déjà absorbée par mon internat et ma thèse. Mais il faut avancer, malgré tout. Alors, sans hésiter, avançons — que ne ferais-je pas pour voir ce magnifique sourire !

    Il semble que la seule vérité immuable, c’est que je suis toujours la seule à monter sur le podium, seule face à l’objectif, sur le blog du couple. La raison que Chloé invoque pour justifier cette mise en scène : « Que veux-tu, il faut une photographe de talent ! » Ah, la mauvaise foi en mode professionnel ! Mieux vaut garder le silence, car répondre serait autant futile que d’essayer de convaincre un poisson rouge qu’il n’aime pas l’eau.
    Il s’est passé tant de choses, certaines qui illuminent, d’autres qui assombrissent notre chemin. Il est temps de revenir un peu en arrière, pour mieux appréhender notre présent.

    Notre série de funérailles, cette obscurité qui semblait vouloir nous engloutir, s’est poursuivie avec la perte de ma grand-mère et de ma tante. Ces décès ont multiplié nos voyages entre Lausanne, Hossegor, New York, comme si la marée funèbre avait décidé de nous faire parcourir le monde pour souligner davantage la fragilité de notre existence. Nous espérons que cette période sombre se clôturera enfin, laissant place à une lueur timide mais sincère.

    Quant à mon père, il a renoncé à la succession de ses parents pour que je puisse hériter. Nous avons passé de longues heures avec le notaire à Paris, à remplir un labyrinthe de papiers et de démarches absurdes, comme si l’administration française voulait nous rappeler combien nous sommes faibles face à ses rouages. La France, déjà lourdement chargée de droits de succession, ne se contente pas de cela : elle nous submerge de formalités et d’obstacles. Le notaire nous a prévenus : cette procédure durera environ un an, un délai comparable à celui des États-Unis.

    Mais laissons ces tracas derrière nous, pour évoquer des choses plus légères, qui nous permettent de respirer.

    Notre vie sociale se façonne peu à peu : un cercle d’amis commence à se dessiner autour de nous, sans compter nos amies de Lille. Le “club des filles” où les filles viennent régulièrement nous rendre visite, utilisant l'une de nos chambres d’amis comme un refuge éphémère. La plus fidèle d’entre elles, Pamplemousse Rose, revient souvent de contrées lointaines, débarquant à Genève-Cointrin en avion, puis sautant dans un taxi pour venir se jeter dans nos bras et nous offrir ces cadeaux témoignant de sa tendresse. Elle fait aujourd’hui partie intégrante de notre couple. À Lausanne, notre quotidien s’établit dans une simplicité volontaire, entre travail, pratique sportive et soirées entre amis. Certes, les sorties culturelles y sont moins nombreuses qu’à Paris, où chaque instant semblait imprégné d’une effervescence artistique. Pourtant, les promenades le long du lac offrent une douceur insoupçonnée, même si, en cette période de chaleur accablante oscillant entre 28 et 32 degrés, nous préférons rester à l’abri dans notre appartement climatisé, cherchant à échapper à la rudesse de l’été.

    Maintenant que nous vous avons parlé de notre couple, regardons notre situation individuelle.

    Ma Chloé :
    Chloé changera de patron à la rentrée de septembre. Elle intégrera une maison de haute joaillerie suisse, une maison sélecte où son talent pourra s’épanouir pleinement. C’est Lorentz, cet homme au cœur immense et à la générosité rare, qui nous a présenté un ami créateur de bijoux à Genève. Elle pourra continuer à travailler à distance, depuis son atelier à la maison, tout en se rendant à Genève deux fois par semaine. Elle est heureuse de pouvoir concilier passion et métier, de continuer à façonner ses rêves dans l’intimité de son espace. Elle commencera son nouveau poste début septembre, mais, en attendant, elle profite de deux mois de vacances — quelle veinarde !

    Depuis trois mois, Chloé court chaque jour et poursuit ses entraînements de boxe avec une intensité croissante. Elle a même livré plusieurs combats amateurs, qu’elle a tous remportés, à l’exception du premier. Aujourd’hui, nous comptons quatre victoires pour une défaite — cette dernière n’étant qu’une étape, une leçon à tirer dans cette quête. Parfois, je dois interrompre mon rôle d’interne pour endosser celui d’infirmière à domicile — non, pas dans un contexte érotique, mais dans l’accompagnement humble et sincère du corps de ma chère et tendre. Et malgré les bleus qui apparaissent, nous sommes chanceuses : nos blessures ne sont pas graves, et nos espoirs restent intacts.

    De mon côté...
    Avec ces remplacements à venir cet été, je touche du doigt cette future vocation qui m’attend. Je ressens une profonde tristesse à l'idée de devoir quitter provisoirement ce service de Médecine générale en pédiatrie. En septembre, je m'apprête à intégrer une maternité pour une durée d’un an, une étape imposée, une nécessité que je ne peux esquiver. Certes, ce service n'est pas en parfaite harmonie avec mes préférences, bien que l’aspect psychologique pourrait éveiller en moi une certaine curiosité.

    Devenir mère s’apparente à un voyage intérieur, une redécouverte de soi, une introspection profonde sur l’être. Comme dans toute aventure humaine, cette expérience peut faire surgir des moments inattendus, déstabilisants, parfois incompréhensibles pour soi comme pour autrui, et provoquer de douloureuses souffrances intimes.

    Je dois admettre que cet aspect psychologique lié à la maternité pourrait m’attirer, mais il est peu probable, voire improbable, que l’on m’attribue ce poste pour une année entière. Selon la formation, nous sommes censés changer régulièrement de poste afin de découvrir toutes les facettes de la maternité, de la grossesse à l'accouchement.

    Quant à ma thèse, elle progresse bien : j’ai déjà couvert une petite moitié du travail, même si je suis légèrement en dessous de mon objectif initial. J’avais espéré la terminer en deux ans afin de peaufiner chaque détail durant la dernière année avec Zabeth, mais je ne suis pas certaine d’atteindre ce calendrier.

    Par ailleurs, je poursuis mon entraînement quotidien ; j’ai récemment obtenu ma ceinture orange lors de la fête du club, il y a seulement quatre jours. 

    J’étais telle une petite fille comblée et radieuse.

    Nous sommes heureuses de vous retrouver, fidèles et bienveillantes voix qui nous accompagnent. Nous vous souhaitons un excellent début d’été, loin des inquiétudes, rempli de petites joies et de gestes forts. 

    Au mois prochain, avec la même sincérité et l’envie de continuer ensemble cette voix qui nous unit.

    A Bientôt,
    Chlo & Til 

    mercredi 1 avril 2026

    Journal de bord 01/04/2026 Vérité retenue, Présence fragile, Vie persistante

    La mort emporte les êtres, mais elle révèle la force de ceux qui restent.

    Nous voici revenues à Lausanne, rendues à nous-mêmes et, par là même, à vous. Il nous faut d’abord accueillir, avec une gravité reconnaissante, les paroles que vous nous avez adressées : elles nous ont atteintes, non comme de simples signes, mais comme des présences.

    Lorsque nous avons pris la route de New York pour accompagner mon oncle vers sa dernière demeure, j’ai consenti à une entorse que la rigueur morale réprouve. J’ai menti à mon grand-papa. Kant n’admet aucune fissure dans l’édifice du devoir ; pourtant, il est des circonstances où la vérité, nue, semble moins juste que le silence qui protège. Était-ce faiblesse, ou bien une forme d’amour ? Je n’en tranche pas : je constate seulement que j’ai voulu lui épargner l’insoutenable.

    Ne sachant si je le reverrais vivant à notre retour, nous nous sommes étreints avec cette intensité que donne la conscience de la fin possible. Il me dit alors : « Pars tranquille, je t’attendrai, et sache que je suis très fier de toi. » Il tint parole, défiant ce que la médecine annonçait déjà. Le lundi matin, de retour à Hossegor, je pus encore lui adresser quelques mots — peut-être ne les a-t-il pas entendus, mais ils m’étaient nécessaires. Une heure plus tard, l’hôpital nous apprenait sa mort.

    Il est troublant de mesurer ce que la volonté humaine peut opposer à l’inéluctable. Comme si, dans l’approche de la mort, l’être affirmait une dernière fois sa liberté.

    Nous l’avons enterré aussitôt. Zabeth était là, fidèle à ce moment où il faut dire adieu. Elle n’a pu nous suivre jusqu’à Lausanne : son engagement auprès des enfants la rappelait déjà.

    Et pourtant, au cœur de ce désordre douloureux, une parole inattendue s’est glissée — celle de Chloé, murmurée à mon oreille : « Au moins, nous aurons amorti nos tenues noires. » Seule elle pouvait faire naître un sourire là où les larmes persistent. Car nous pleurons nos morts, même lorsque la foi voudrait que nous nous réjouissions de leur proximité désormais avec ce que nous nommons le divin. L’écart entre la croyance et l’expérience demeure, irréductible.

    La vie, cependant, ne suspend pas son cours. Elle reprend, lourde d’un avenir assombri : ma tante et ma grand-mère vacillent à leur tour. Cette dernière ne souhaite plus demeurer dans leur maison ; elle aspire à rejoindre un lieu où l’on prend soin des corps fatigués — peut-être aussi des âmes, et ma tante pars une hospitalisation aux fins pas très réjouissante.

    À l’aéroport, tandis que le temps semblait suspendu entre deux départs, Chloé trouva encore la force de créer. Il est des êtres pour qui le geste artistique ne dépend ni du lieu ni des circonstances : il surgit, simplement, comme une nécessité. (dessin illustrant cet article)

    Nous avons repris notre travail sans transition, sans ce répit que l’on nomme vacances. Ainsi va l’existence : elle ne distribue pas ses pauses selon nos besoins. « Nous ne toucherons donc pas 200 mono » — ironie légère, comme un clin d’œil dérisoire à l’économie ludique du Monopoly, qui contraste avec la gravité de nos jours.

    Zabeth, quant à elle, quittera son emploi à la fin de l’année. Elle envisage de s’installer en Suisse — décision dont les raisons, bien que devinables, demeurent pudiquement tues. Elle aspire également à transformer sa vie professionnelle : ne plus s’occuper d’enfants, mais se consacrer à l’accompagnement intérieur, devenir coach mental. Elle projette déjà de soutenir Jo, notre accordéoniste à Lyon, dans son retour au classique et dans l’élaboration d’un répertoire baroque. Peut-être ce projet adviendra-t-il ; nous vous en dirons ce qu’il en est.

    Je ne m’attarderai pas davantage. Le travail m’appelle, et avec lui le tumulte des émotions qu’il faut canaliser. Chaque soir, je vais au taekwondo : non par simple discipline du corps, mais pour y trouver une forme de délivrance — comme si, dans l’effort, je pouvais momentanément suspendre le poids d’exister.

    A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.

    A Bientôt,
    Chlo & Til 

    mardi 3 mars 2026

    Journal de bord 03/03/2026 Amour sincère, Valeur sentimentale, Cadeau intangible.

    Ce qui se donne avec tendresse pèsera toujours plus que ce qui se vend.

    Chloé demeure encore à Paris, toute la semaine, pour des raisons de travail; mes parents se tiennent à Hossegor pour épauler mes grands-parents, et mon grand-père, fragile en ce moment, occupe une place prépondérante dans nos inquiétudes.

    Ici, à Lausanne, Maria demeure dans l’appartement et elle a, pour l’avenir, garni notre congélateur de plats cuisinés qui pourra nourrir Chlo et moi pour une bonne partie de l’année.
    Pour ma part, j’ai achevé mes remplacements. Le point positif, c’est que Pierre et Alex ont apprécié le compte rendu que j’ai présenté à chacun d’eux, détaillant mes interventions auprès de leur patientèle. Pierre m’a avoué qu’il n’avait pas été un grand admirateur de moi — certains, disait-il, en font trop autour de moi — mais, désormais, en découvrant la qualité du travail que j’ai produit, il affirme n’avoir jamais tenu entre ses mains un dossier aussi complet et aussi précis; il croit, qu’il ne serait pas capable d’atteindre une pareille rigueur. Cela fait du bien à l’égo, certainement. Quant à Alex, il n’attend plus qu’une chose: me prendre comme assistante remplaçante dès l’obtention de mon diplôme et lorsque je m’orienterai vers la spécialisation de pédiatrie. Mais nous n'en sommes pas encore là; il me faudra d’abord achever ma thèse et en soutenir la substance.

    Je suis sur les rotules, et j’avoue attendre avec impatience le 13 au soir de ce mois de mars, lorsque les vacances commenceront, dix jours durant; Chloé a elle aussi posé des congés.

    Laissez-moi vous exposer le fond de l’affaire. Il y a cinq ans, une amie d’enfance, escrimeuse de vertu et de panache, est venue me solliciter un soutien financier afin de monter, avec son ami, un commerce de vêtements à Milan. Après examen du plan d’affaires et conseils prodigués par divers interlocuteurs — tous unanimes à signaler le caractère à haut risque et à faible potentiel du projet — j’ai néanmoins accepté, par sentimentalisme (même si le cœur et la raison ne marchent pas toujours de concert), d’investir 35 000 euros en échange de 16 % du chiffre d’affaires. Mère m’avait avertie que peu de magasins franchissent les cinq années d’existence. Les trois premières années marchèrent admirablement; je vis alors monter l’investissement et m’y retrouver. L’ année dernière, cependant, le magasin connut une chute vertigineuse du chiffre d’affaires et, de surcroît, mes associés me doivent encore une partie des revenus de l’année 2024. Et aujourd’hui je ne reçois plus rien: mon amie et associée m’a bloquée sur son téléphone et ne répond plus à mes emails.

    Pendant nos vacances, Chloé et moi avons décidé de partir trois jours à Milan afin de comprendre ce qui se passe et d’y décider de la suite des évènements. Puis nous prendrons deux jours avec ma bien-aimée pour explorer cette très belle ville et sans doute quelques boutiques de vêtements (je connais ma Chlo). Nous reprendrons ensuite l’avion pour retrouver notre ami directeur du palace de Venise, où une suite nous est offerte pour trois nuits. Nous terminerons ce voyage par un petit détour à Lille pour voir notre filleule, et sans doute rapporter quelques modestes présents de Milan ou de Venise.

    Au Taekwondo je suis devenue ceinture jaune (Oui et bien... Il faut commencer par là !). Je m’entraîne quatre soirs par semaine après le travail, en dehors du jeudi que je réserve à la piscine, et mon running matinal  quotidien.

    Revenons à cette affaire qui me paraît injuste. Je laisse la parole à mon avocate.

    «Maître, Maître la Présidente, Messieurs les Jurés,

    Aujourd’hui, c’est le théâtre d’une absurdité qui se joue devant vous. Le ministère public s’est lancé dans un procès absurde, un procès contre une femme dont le seul "crime"—si l’on peut encore employer ce mot—est d’aimer. Une femme qui, le jour de la Saint-Valentin, a osé croire que l’amour ne se mesure pas en chiffres ou en pièces sonnantes, mais en poids de l’âme, en vérité du cœur.

    L’accusation, Mesdames et Messieurs, est une fumisterie. Elle repose sur l’idée que donner un simple pull à celle qu’on aime constitue un délit. 

    Mais quelle est cette justice qui condamne l’amour pour une telle insignifiance matérielle ? Quelle est cette morale qui préfère la froideur du chiffre à la chaleur d’un geste sincère ?

    Je vous invite à revenir aux faits, à voir au-delà des apparences. Notre dame ici présente, animée d’un esprit de partage et de tendresse, a décidé — dans un élan de générosité— d’offrir à l’être aimé un modeste cadeau, un pull, lors d’un voyage. Non pas pour acheter son amour, mais pour témoigner d’un sentiment pur, d’une connexion sincère. Elle n’a pas acheté ce pull pour elle, mais pour l’autre, dans un geste d’amour, de tendresse.

    Et que nous répond la partie civile ? Une colère, une indignation, une offense. Non pas la gratitude d’avoir reçu un cadeau, mais la révolte face à un geste qui la mettrait dans une position d’infériorité. Elle se sent lésée parce que cette preuve d’amour la déstabilise, car elle ne voit dans ce geste qu’un objet, un prix, un signe de faiblesse. Et c’est là, Mesdames et Messieurs, que réside le cœur du drame : non pas dans l’acte de la femme aimée, mais dans la déformation de cette passion par une perception étriquée.

    Face à cette incompréhension, l’accusée a tenté de lui faire offrir quelque chose en contrepartie : une œuvre, un tableau, le fruit de ses mains et de son âme, évoquant un Van Gogh, qu’elle chérit plus que tout. Qu’a répondu sa bien-aimée ? "Cela n’est rien." "Ce n’est pas la même valeur." Voilà le fond de l’affaire : la question de la valeur, celle que l’on ne peut pas quantifier, celle que seul le cœur connaît.

    Qu’est-ce qu’un vrai cadeau sinon une extension de soi ? Qu’est-ce qu’un vrai amour sinon une reconnaissance de l’indicible, une acceptation de l’autre tel qu’il est ? La valeur sentimentale dépasse toutes les monnaies, toutes les marchandises. Le repas partagé, la toile peinte, le temps offert : voilà la véritable richesse.

    Et n’oublions pas un détail fondamental : c’est elle, la partenaire, qui a choisi le pull. Son geste n’était pas un caprice, mais une manifestation d’amour sincère, une manière de matérialiser une émotion. Et pourtant, ce simple pull — symbole d’un amour sincère — est aujourd’hui sur le banc des accusés.

    Son "crime" ? Avoir posé une question dérangeante : "Qui es-tu pour dénigrer mes émotions, pour prétendre que ce que je ressens ne vaut rien ?" Une question qui bouleverse, qui remet en cause la froideur d’un regard désespérément rationnel, face à la chaleur de l’amour.

    Et la réponse de la partie civile est un aveu : "Tu ne comprends rien." Elle ne comprend pas que l’amour ne se calcule pas. Elle ne comprend pas que le plus précieux des cadeaux ne se vend pas, ne s’échange pas contre de l’or ou de l’argent, mais se donne du cœur à cœur.

    Aujourd’hui, ce tribunal ne doit pas être celui de la justice froide et objective. C’est le tribunal de la justice sentimentale, une justice du cœur. Et je vous demande, Messieurs les Jurés, d’acquitter cette femme. Non pas parce qu’elle a commis une faute, mais parce qu’elle a aimé avec sincérité. Parce qu’elle a cru que l’amour, cette flamme fragile, ne doit pas être enfermée dans des carcans matériels.

    Acquittez-la, rendez justice à ce geste d’amour, et rappelez à tous que la vraie valeur réside dans ce qui ne se pèse pas, dans ce qui ne se vend pas : la sincérité, la tendresse, l’authenticité. Que l’amour véritable soit libre, qu’il ne soit jamais condamné pour avoir été trop vrai»

    A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.

    A Bientôt,
    Chlo & Til 

    mercredi 25 février 2026

    Journal de bord 25/02/2026 Manipulation subtile, Justice fragile

    Dans le jeu du procès, la vérité n’est qu’un pion, manipulé par ceux qui savent jouer leur rôle avec finesse.

    Chloé s’est rendue cette semaine à Paris, emportée par l’urgence d’une commande importante. Profitant de sa proximité avec sa mère, avocate et complice, elle n’a pas manqué de venir me taquiner, comme si la ville elle-même favorisait ces luttes de mots.

    Quant à moi, je suis désolée de ne plus pouvoir publier aussi régulièrement qu’auparavant, chaque lundi, ce rendez-vous qui m’aidait à maintenir le lien avec mes amis — Arnaud, Pamplemousse Rose, Patrick, Romain, et tous ceux que j’oublie mais que je reconnais dans mes pensées. Je vous embrasse tous tendrement ; le poids du travail m’écrase, et mon seul souffle de liberté réside dans mes runnings matinaux ou mes deux heures de taekwondo, où je suis désormais ceinture jaune, en route vers l’orange. J’aime aussi nager seule, chaque jeudi, dans le calme de la piscine.

    Pour ceux qui m’estiment peu, rassurez-vous : il n’y a pas de rupture entre Chloé et moi. Sa petite remontrance n’était qu’un échange sincère, un écho de la vie qui nous pousse sans cesse vers la vérité. Nous partageons cette simple vision : ce que l’on croit être une querelle n’est en réalité qu’une illusion, une perception fugace d’une réalité qui n’est pas tout à fait la nôtre.

    Ce que j’admire chez Chloé, c’est sa capacité à déjouer mes attentes et à faire renaître ce que je croyais enterré. La fameuse affaire du cadeau de Saint-Valentin semblait depuis longtemps oubliée, reléguée dans les oubliettes de mes souvenirs. Et pourtant, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant, dans l’émail de ma belle-mère — cette avocate dont la présence colore cette histoire — que je me retrouvais malgré moi sur le banc des accusés, devant le tribunal familial. Là où les lois de la morale se mêlent aux enjeux du cœur, et où la justice apparaît parfois si fragile.

    Elle conclut son message en m’assurant que, lors du procès, je bénéficierai de tous mes droits de défense, selon la loi. (Une bienveillance presque excessive… Non mais je rêve !)

    Je vous invite à écouter les propos de l’avocate de Chloé :

    « Madame la Présidente, Messieurs les Jurés, Maître, je vous remercie de me donner la parole. La défense veut vous faire croire que nous jugeons une femme romantique, une poètesse incomprise. C’est une mascarade. Ce qui est présenté comme un geste d’amour n’est qu’une manœuvre calculée, préméditée, une attaque déguisée contre la femme qu’elle prétend aimer. Les faits sont limpides : un pacte avait été scellé, une parole donnée pour la Saint-Valentin : “renoncer aux cadeaux matériels”. Une promesse mutuelle, un engagement sacré. Or, l’accusée, Til, a foulé cette promesse aux pieds. Elle a agi en cachette, sapant délibérément les fondements de leur accord. Elle vous dira qu’elle a agi par amour. Mais son geste n’était pas un cadeau, c’était une arme. Un pull acheté en secret n’est pas une preuve d’affection, c’est une mise en scène pour piéger. En offrant cet objet, elle savait qu’elle plaçait Chloé dans une position difficile. Elle savait qu’elle n’avait pas de cadeau matériel à offrir en retour, car elle respectait leur parole. Elle a sciemment créé un déséquilibre, une dette sentimentale, pour la faire culpabiliser et exercer une emprise. Ce n’est pas de la générosité, c’est un chantage affectif. Face à cette trahison, elle a répliqué par la pire des insultes : demander à Chloé d’offrir sa propre toile, une création personnelle, intime. Une astuce ! Elle ne lui demandait pas d’offrir un cadeau équivalent, mais de transformer un trésor personnel en monnaie d’échange pour solder une faute qu’elle-même avait fabriquée. Elle voulait qu’elle vende son âme pour apaiser sa conscience. C’est là que réside la véritable méchanceté. Elle a pris ce qu’elle avait de plus cher et a tenté d’en faire une dette. Lorsqu’elle a refusé, en expliquant que cela n’avait pas la même valeur, elle a attaqué. Elle a utilisé des mots sophistiqués, une rhétorique confuse pour la déstabiliser. Elle lui a demandé : “Qui es-tu pour déprécier mes émotions ?” Quelle arrogance ! C’est elle qui a violé leur accord, provoqué la courroux de Chloé, et c’est elle qui se plaint de ses émotions. Elle a essayé de l’enfermer dans un labyrinthe de paradoxes, espérant la faire douter d’elle-même. Mais la réponse de Chloé fut claire : “Tu cherches à m’embrouiller avec tes notions savantes !” Elle a simplement démasqué la manipulatrice. Elle prétend que c’est Chloé qui a choisi le pull. Mais c’est un argument fallacieux. Désirer quelque chose dans une vitrine ne donne pas le droit de braver la confiance de l’être aimé. Le vrai cadeau, c’est le respect d’une parole donnée, la confiance partagée, la simplicité d’un repas entre deux, sans arrière-pensées. L’accusée a piétiné tout cela pour satisfaire sa soif de contrôle et se faire passer pour le prince charmant offrant. Chloé n’est pas une femme qui dévalorise l’amour. Au contraire, elle le défend contre ceux qui le travestissent. Elle n’a pas “rien compris”, elle a compris qu’on essayait de la berner. Elle ne cherche pas la valeur marchande, mais humaine : la parole, le respect, la sincérité. Des qualités que l’accusée a balayées d’un revers de main. Aujourd’hui, la justice doit être rendue. Non pas contre une femme qui a offert un pull, mais contre celle qui a utilisé un cadeau comme une arme pour manipuler celle qu’elle prétendait aimer. C’est ce crime que je vous demande de condamner sévèrement.»

    Et pour finir, j’ai décidé de solliciter l’aide d’Anne, mon amie avocate et partenaire de notre club de Taekwondo. Nous organiserons une rencontre en soirée, autour d’un verre, pour qu’elle m’apporte son soutien face à cette tempête. Sans elle, je crains d’être submergée par la tourmente qui s’annonce.

    Je vais terminer par cette phrase que je viens d'écrire :
    L’honnêteté d’un avocat, c’est comme la vérité dans un tribunal : rare, précieuse… et souvent en délibéré.

    Ma réponse et défense dans notre prochain article. 

    A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.

    A Bientôt,
    Chlo & Til