• CONTACT
  • lundi 9 mars 2026

    Journal de bord 09/03/2026

     



    Il me faut, aujourd'hui, rompre le silence que j'avais cru pouvoir maintenir. Les jours à venir ne me permettront point de livrer ici ma pensée : la mort s'est dressée, double et implacable, et m'arrache à nos rendez-vous hebdomadaires.

    Mon oncle s'est éteint ce lundi — ce lundi qui n'est plus qu'un avant de l'éternité. Et mon grand-père, lui, agonise. L'hôpital l'enferme dans cette solitude blanche où l'on prépare les hommes à leur dernière liberté. Interne en médecine, je me refuse pourtant à le laisser s'y abandonner seul. Je veillerai sur lui, romprai cette solitude institutionnelle, l'aiderai à franchir chacun de ces paliers de la dernière liberté — non pas comme simple témoin impuissant, mais comme actrice de son passage, lui qui m'a précédée dans le monde et que je ne puis abandonner à l'anonymat de la mort.

    Demain, Chloé et moi prendrons l'avion demain matin pour Hossegor. Je veux — il le faut — presser une dernière fois contre moi cette chair d'où je suis issue, lui dire cet adieu que la géographie pourrait nous voler. Car vendredi, nous serons à Manhattan, pour les funérailles de mon oncle. Et si mon grand-père devait, pendant ce temps, franchir le seuil... 

    Je l'avoue : je ne sais point quelle forme prendront les jours et les semaines à venir. La contingence s'abat sur nos projets ; elle révèle, une fois encore, que nous ne sommes pas maîtresses de notre destinée, même lorsque nous croyons l'avoir choisie.

    Nous vous tiendrons informés. Chloé et moi, nous reviendrons. Car il est des engagements que la mort elle-même ne saurait défaire — seulement suspendre, dans cette attente pesante où l'existence nous tient.

    Chlo & Til 

    Aucun commentaire:

    Enregistrer un commentaire

    Journal de bord 09/03/2026