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  • mardi 3 mars 2026

    Journal de bord 03/03/2026 Amour sincère, Valeur sentimentale, Cadeau intangible.

    Ce qui se donne avec tendresse pèsera toujours plus que ce qui se vend.

    Chloé demeure encore à Paris, toute la semaine, pour des raisons de travail; mes parents se tiennent à Hossegor pour épauler mes grands-parents, et mon grand-père, fragile en ce moment, occupe une place prépondérante dans nos inquiétudes.

    Ici, à Lausanne, Maria demeure dans l’appartement et elle a, pour l’avenir, garni notre congélateur de plats cuisinés qui pourra nourrir Chlo et moi pour une bonne partie de l’année.
    Pour ma part, j’ai achevé mes remplacements. Le point positif, c’est que Pierre et Alex ont apprécié le compte rendu que j’ai présenté à chacun d’eux, détaillant mes interventions auprès de leur patientèle. Pierre m’a avoué qu’il n’avait pas été un grand admirateur de moi — certains, disait-il, en font trop autour de moi — mais, désormais, en découvrant la qualité du travail que j’ai produit, il affirme n’avoir jamais tenu entre ses mains un dossier aussi complet et aussi précis; il croit, qu’il ne serait pas capable d’atteindre une pareille rigueur. Cela fait du bien à l’égo, certainement. Quant à Alex, il n’attend plus qu’une chose: me prendre comme assistante remplaçante dès l’obtention de mon diplôme et lorsque je m’orienterai vers la spécialisation de pédiatrie. Mais nous n'en sommes pas encore là; il me faudra d’abord achever ma thèse et en soutenir la substance.

    Je suis sur les rotules, et j’avoue attendre avec impatience le 13 au soir de ce mois de mars, lorsque les vacances commenceront, dix jours durant; Chloé a elle aussi posé des congés.

    Laissez-moi vous exposer le fond de l’affaire. Il y a cinq ans, une amie d’enfance, escrimeuse de vertu et de panache, est venue me solliciter un soutien financier afin de monter, avec son ami, un commerce de vêtements à Milan. Après examen du plan d’affaires et conseils prodigués par divers interlocuteurs — tous unanimes à signaler le caractère à haut risque et à faible potentiel du projet — j’ai néanmoins accepté, par sentimentalisme (même si le cœur et la raison ne marchent pas toujours de concert), d’investir 35 000 euros en échange de 16 % du chiffre d’affaires. Mère m’avait avertie que peu de magasins franchissent les cinq années d’existence. Les trois premières années marchèrent admirablement; je vis alors monter l’investissement et m’y retrouver. L’ année dernière, cependant, le magasin connut une chute vertigineuse du chiffre d’affaires et, de surcroît, mes associés me doivent encore une partie des revenus de l’année 2024. Et aujourd’hui je ne reçois plus rien: mon amie et associée m’a bloquée sur son téléphone et ne répond plus à mes emails.

    Pendant nos vacances, Chloé et moi avons décidé de partir trois jours à Milan afin de comprendre ce qui se passe et d’y décider de la suite des évènements. Puis nous prendrons deux jours avec ma bien-aimée pour explorer cette très belle ville et sans doute quelques boutiques de vêtements (je connais ma Chlo). Nous reprendrons ensuite l’avion pour retrouver notre ami directeur du palace de Venise, où une suite nous est offerte pour trois nuits. Nous terminerons ce voyage par un petit détour à Lille pour voir notre filleule, et sans doute rapporter quelques modestes présents de Milan ou de Venise.

    Au Taekwondo je suis devenue ceinture jaune (Oui et bien... Il faut commencer par là !). Je m’entraîne quatre soirs par semaine après le travail, en dehors du jeudi que je réserve à la piscine, et mon running matinal  quotidien.

    Revenons à cette affaire qui me paraît injuste. Je laisse la parole à mon avocate.

    «Maître, Maître la Présidente, Messieurs les Jurés,

    Aujourd’hui, c’est le théâtre d’une absurdité qui se joue devant vous. Le ministère public s’est lancé dans un procès absurde, un procès contre une femme dont le seul "crime"—si l’on peut encore employer ce mot—est d’aimer. Une femme qui, le jour de la Saint-Valentin, a osé croire que l’amour ne se mesure pas en chiffres ou en pièces sonnantes, mais en poids de l’âme, en vérité du cœur.

    L’accusation, Mesdames et Messieurs, est une fumisterie. Elle repose sur l’idée que donner un simple pull à celle qu’on aime constitue un délit. 

    Mais quelle est cette justice qui condamne l’amour pour une telle insignifiance matérielle ? Quelle est cette morale qui préfère la froideur du chiffre à la chaleur d’un geste sincère ?

    Je vous invite à revenir aux faits, à voir au-delà des apparences. Notre dame ici présente, animée d’un esprit de partage et de tendresse, a décidé — dans un élan de générosité— d’offrir à l’être aimé un modeste cadeau, un pull, lors d’un voyage. Non pas pour acheter son amour, mais pour témoigner d’un sentiment pur, d’une connexion sincère. Elle n’a pas acheté ce pull pour elle, mais pour l’autre, dans un geste d’amour, de tendresse.

    Et que nous répond la partie civile ? Une colère, une indignation, une offense. Non pas la gratitude d’avoir reçu un cadeau, mais la révolte face à un geste qui la mettrait dans une position d’infériorité. Elle se sent lésée parce que cette preuve d’amour la déstabilise, car elle ne voit dans ce geste qu’un objet, un prix, un signe de faiblesse. Et c’est là, Mesdames et Messieurs, que réside le cœur du drame : non pas dans l’acte de la femme aimée, mais dans la déformation de cette passion par une perception étriquée.

    Face à cette incompréhension, l’accusée a tenté de lui faire offrir quelque chose en contrepartie : une œuvre, un tableau, le fruit de ses mains et de son âme, évoquant un Van Gogh, qu’elle chérit plus que tout. Qu’a répondu sa bien-aimée ? "Cela n’est rien." "Ce n’est pas la même valeur." Voilà le fond de l’affaire : la question de la valeur, celle que l’on ne peut pas quantifier, celle que seul le cœur connaît.

    Qu’est-ce qu’un vrai cadeau sinon une extension de soi ? Qu’est-ce qu’un vrai amour sinon une reconnaissance de l’indicible, une acceptation de l’autre tel qu’il est ? La valeur sentimentale dépasse toutes les monnaies, toutes les marchandises. Le repas partagé, la toile peinte, le temps offert : voilà la véritable richesse.

    Et n’oublions pas un détail fondamental : c’est elle, la partenaire, qui a choisi le pull. Son geste n’était pas un caprice, mais une manifestation d’amour sincère, une manière de matérialiser une émotion. Et pourtant, ce simple pull — symbole d’un amour sincère — est aujourd’hui sur le banc des accusés.

    Son "crime" ? Avoir posé une question dérangeante : "Qui es-tu pour dénigrer mes émotions, pour prétendre que ce que je ressens ne vaut rien ?" Une question qui bouleverse, qui remet en cause la froideur d’un regard désespérément rationnel, face à la chaleur de l’amour.

    Et la réponse de la partie civile est un aveu : "Tu ne comprends rien." Elle ne comprend pas que l’amour ne se calcule pas. Elle ne comprend pas que le plus précieux des cadeaux ne se vend pas, ne s’échange pas contre de l’or ou de l’argent, mais se donne du cœur à cœur.

    Aujourd’hui, ce tribunal ne doit pas être celui de la justice froide et objective. C’est le tribunal de la justice sentimentale, une justice du cœur. Et je vous demande, Messieurs les Jurés, d’acquitter cette femme. Non pas parce qu’elle a commis une faute, mais parce qu’elle a aimé avec sincérité. Parce qu’elle a cru que l’amour, cette flamme fragile, ne doit pas être enfermée dans des carcans matériels.

    Acquittez-la, rendez justice à ce geste d’amour, et rappelez à tous que la vraie valeur réside dans ce qui ne se pèse pas, dans ce qui ne se vend pas : la sincérité, la tendresse, l’authenticité. Que l’amour véritable soit libre, qu’il ne soit jamais condamné pour avoir été trop vrai»

    A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.

    A Bientôt,
    Chlo & Til 

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