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  • Depuis mon enfance, le ski a toujours occupé une place centrale dans ma vie. 

    À huit ans, j’ai découvert le snowboard, sous la guidance de moniteurs issus de Megève et de Gstaad, qui m’ont appris à maîtriser la piste et à perfectionner l’art du virage, qu’il soit en back ou en frontside. Au fil des années, j’ai élargi mes horizons en explorant le hors-piste, les sauts de falaise et en me lançant dans le freeride. J’ai également participé à de nombreuses expéditions, enrichissant ainsi mon parcours sportif. Apprendre à repérer mes lignes à l’avance sur les cartes, tout en prenant en compte le relief depuis le bas, puis visualiser la silhouette depuis le haut, a été un véritable défi. La prise de points de repère précis s’est avérée essentielle pour assurer ma sécurité et ma progression.

    Mon niveau en snowboard pourrait être comparé à celui que je possède en escrime, même si je n’ai jamais participé à des compétitions officielles.

    J’avais envisagé 2024 comme une année de grande performance, notamment lors d’une descente sponsorisée et filmée à Gstaad, où j’aurais évolué aux côtés de trois professionnelles du freeride, pour une descente de six heures. Malheureusement, le manteau neigeux s’est révélé trop instable, et les risques d’avalanches de toutes sortes semblaient omniprésents. Les conditions, qualifiées de dangereuses, ont pesé lourdement sur nos esprits, et la priorité absolue à la sécurité a conduit les organisateurs à renoncer à la descente.

    Ce moment a été marqué par la pression, le stress et une certaine déception. C’est le cœur lourd, avec un regard empreint de regrets, que j’ai embarqué dans l’hélicoptère, loin du « happy end » que j’avais imaginé. Sur le plan sportif, cette expérience ne se résumait pas à une victoire ou à une performance éclatante : elle incarnait une traversée intérieure, un face-à-face avec la peur et le silence que la nature impose lorsqu’elle se dévoile dans toute sa puissance. Pourtant, cette expérience n’est pas une fin en soi, mais une réalité à laquelle il faut faire face. Elle pourrait bien m’ouvrir d’autres voies, d’autres horizons.

    La vie ne cesse de nous confronter à des choix. Ce qui a échoué ici ne détruit pas tout, mais ouvre peut-être la voie à une nouvelle compréhension. Elle m’offre une opportunité de redéfinir ce que le sport signifie pour moi, et ce que je suis prête à risquer pour continuer à le pratiquer.

    Aujourd’hui, je suis mariée et responsable d’une famille. Je ne peux plus agir comme une célibataire, libre de prendre des risques sans conséquences. Mon parcours, mes expériences et mes choix ont évolué, m’obligeant à une réflexion différente sur la liberté, la sécurité et la responsabilité. Mais, au fond, c’est cette responsabilité qui donne tout leur sens : continuer à avancer en conscience, en préservant ce qui compte le plus pour moi.

    A Bientôt,
    Til.