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  • Vie Spirituelle
























    Amis lecteurs et lectrices, permettez-moi de vous confier aujourd’hui une confidence des plus intimes, car je suis convaincue que la sincérité forge la véritable connexion entre les êtres.

    Même si Chloé a été élevée dans la foi catholique — baptême, communion, confirmation — je pourrais dire qu’elle avait déjà entamé, en quelque sorte, une retraite anticipée auprès du Seigneur. Au fond d’elle, elle croyait enfin… du moins, c’est ce qu’elle laissait paraître, mais la vérité n’était pas si simple (Lol).

    Lors de nos premières conversations sur notre mariage, en sachant que je suis une protestante fervente, j’ai été surprise de constater que, par amour pour moi, Chloé acceptait que notre union soit bénie, qu’elle n’hésitait pas à m'accompagner aux  rencontres avec notre pasteure pour la préparation de notre mariage.

    Je devine vos regards étonnés, vos yeux écarquillés : comment Til, issue d’une famille aristocratique française, peut-elle embrasser la foi protestante ?

    Zabeth (oui, toujours elle), est croyante. Nous allions toutes les semaines au culte dominical. C’est donc naturellement auprès d’elle que j’ai fait mes premiers pas vers le Seigneur. Je ne pense pas que la foi soit une question d’influence ; c’est plutôt une quête intime, une démarche personnelle. J’ai choisi : je suis croyante, je suis chrétienne, je suis protestante — une conviction qui m’habite, qui façonne ma perception du monde.

    Longtemps, je me suis interrogée sur le sens de ma vie, sur cette humanité qui ne cesse de lutter contre ses propres contradictions, ses douleurs, ses espoirs. La poursuite du bonheur, voilà une quête universelle. Je crois que le bonheur est une possibilité, mais qu’avant tout, il faut en comprendre la véritable nature. Pour moi, il s’inscrit dans une éthique fondamentale, guidée par le respect et l’amour du prochain, principes que ma foi chrétienne m’enseigne avec insistance.

    La religion m’offre une perspective différente, une capacité à prendre du recul face aux aléas de la vie. Elle m’aide à relativiser, à ne pas céder à l’angoisse face aux épreuves, même celles qui, en apparence, semblent l’emporter. C’est en Dieu que je puise une force profonde, une source d’énergie pour avancer, pour surpasser mes propres limites. La foi devient alors un refuge, oui, mais aussi une puissance intérieure, conscience de ma chance et de ma réussite.

    Beaucoup cherchent Dieu à l’approche de la mort, comme si la fin de l’existence révélait sa véritable essence. Pour ma part, je crois que cette quête spirituelle doit accompagner la vie dès ses premiers instants, car la vie elle-même est fragile et précieuse. Même à mon âge, la mort peut surgir demain, subitement. Il faut l’accepter : notre existence n’est qu’un souffle, une brève apparition dans l’éternité.

    Ce qui importe alors, ce n’est pas tant la fin, mais la sincérité avec laquelle nous exerçons notre libre arbitre, la volonté que nous mettons à faire le bien. Hélas, il semble que le monde ait encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre cette sagesse, cette justice intérieure. Pourtant, je demeure convaincue que la foi, si elle est sincère, peut mener au véritable bonheur, qu’elle éclaire la voie à travers l’obscurité de nos vies.

    Aujourd’hui, je dois reconnaître que je ne suis pas aussi fidèle au temple qu’il le faudrait, faute de temps — mais pas uniquement. Nous essayons, je dis « nous », car depuis notre arrivée à Lausanne, Chloé tient à m’accompagner aux deux offices mensuels auxquels je participe. N’aurais-je pas une influence bénéfique sur ma chérie ?

    A Bientôt,
    Chlo & Til