“L’autonomie se forge dans les gestes simples du quotidien, sans laisser autrui tracer son bonheur. ”
Ce que j’avais cru n’être qu’un simple aménagement se révèle plus lourd que prévu. Il apparaît que l’intervalle qui m’est confié pour reprendre mes forces après les week-ends de garde ne rétablit pas suffisamment, du moins pas comme je l’aurais souhaité. Tant que Chloé et moi demeurons prisonniers de ce joli petit appartement, ce qui devrait être un assouplissement pour mon équipe devient un fardeau écrasant pour moi. L’espace de l’appartement réduit entrave ma liberté de mouvement. Au retour d’un week-end de service, pour quarante-huit heures de repos, Chloé est en télétravail ; et, par souci de ne pas la troubler dans son labeur, je m’oblige à sortir dès mon réveil. N’ayant rien à faire, je prends la route de l’hôpital pour poursuivre ma thèse. Il s’ensuit que les semaines de garde, loin d’épuiser seulement l’organisme, exercent une fatigue morale : puisque je ne parviens pas à me déconnecter, je ne connais aucune rupture. La vie s’accroche alors à un tempo très soutenu. Ne prenez pas mal ma plainte, je reste dans des conditions privilégiées, et si je vois que je ne parviens pas à me reposer suffisamment, les jours de garde, je prendrai une chambre d’hôtel.
Notre week-end passé fut une véritable immersion dans la douceur et la tension qui sculptent nos jours. Nous nous sommes retrouvées, amoureuses l’une dans les bras de l’autre, entourées d’un calme qui resplendit comme une promesse. Longues promenades au bout d’un lac, visite guidée éclairant les monuments et les gestes du monde, puis notre première odyssée à bord de la Tilomobile vers un restaurant qui caresse les rives du lac Léman. Ma chérie, affirmant sa présence avec une assurance qui ne cède à rien, affichait son style — crâneuse, selon son expression !
Lors de notre petit déjeuner, une discussion s’est ouverte entre Chloé et moi — non pour ériger des barrières, mais pour sonder les fondements mêmes de l’appartenance et de l’intégration. Je lui ai fait remarquer, en tant qu’expatriées cherchant à s’établir dans ce pays et dans cette ville qui nous accueillent, qu’il serait légitime de nous doter d’une connaissance minimale des lieux qui nous reçoivent : les lois, les usages et les pratiques qui façonnent le quotidien lausannois. N’est-ce pas là le minimum pour ne pas disparaître dans l’ombre de la ville, faute de comprendre ce qui organise la vie ici ?
Nous sommes deux expatriées ordinaires, confrontées à l’injonction de reconnaître le pays et la ville qui nous soutiennent, et d’y témoigner d’un respect vérifiable : observer les lois, adopter une conduite digne, acquérir une connaissance minimale de notre environnement, des coutumes et des dates qui marquent l’histoire locale, afin de mieux nous intégrer sans renoncer à ce qui nous constitue. Il serait vain d’espérer s’inscrire pleinement dans une ville dont on ne parle pas la langue, dont on ignore l’histoire, les monuments, les courants artistiques et les figures qui la portent. Il faut interroger ces mécanismes et avancer vers une intégration qui respecte la dignité de chacun, sans imposer une norme uniforme sous peine d’ériger une forme d’exil intérieur. Une intégration véritable serait une épreuve collective, où la dignité de chacun n’est pas négociable et où la norme ne devient pas tyrannie de l’un sur l’autre.
Ensuite, j’ai voulu développer mon avis devant Chloé, non pas pour condamner qui que ce soit, mais pour dire que je ne désirais pas m’aligner sur les manières d’être que nous avions observées sur une certaine population vivant à Paris ; je souhaitais rester fidèle à une vision qui m’appartient. Si la langue du pays ne s’écoule pas dans la bouche comme une seconde peau, alors c’est le droit même de vivre ici qui s’éteint en silence. Sans langue, on ne connaît ni les lois ni les usages ; sans travail, on devient un spectateur de sa propre vie ; sans connaissance de la ville, on se perd dans les rues comme dans une mémoire étrangère.
On ne peut être vêtu différemment, se marginaliser à outrance. Pour exemple simple : Si une personne est vêtue d'une schashia, d'une djellaba avec des babouches ou d'un niqab ou d'une burqa. Ces personnes sont sans doute très bien équipées pour vivre dans le désert ou dans le Sahara, dans un pays musulman, mais n'ont rien à faire à Paris ou ici à Lausanne.
Chloé, avec son esprit plus modéré et sa sensibilité de gaucho populaire, a réagi en rappelant que certains ne savent même pas lire leur propre langue, et que l’alphabétisation ne détermine pas nécessairement la valeur d’un citoyen. Elle ajoutait qu’un être jugé « inculte » ne devient pas pour autant un mauvais citoyen, et que le défaut de langue ne suffit pas à éloigner quelqu’un de la cité qui l’accueille.
Et nous voici donc, deux expatriées ordinaires pas toujours d'accord, confrontées à l’injonction de reconnaître le pays et la ville qui nous soutiennent, et d’y témoigner d’un respect vérifiable : observer les lois, adopter une conduite digne, acquérir une connaissance minimale de notre environnement, des coutumes, des dates qui marquent l’histoire locale, afin de mieux nous intégrer sans renoncer à ce qui nous constitue. Il serait vain d’espérer s’inscrire pleinement dans une ville dont on ne parle pas la langue, dont on ignore l’histoire, les monuments, les courants artistiques, et les figures qui la portent.
Nous avons découvert une petite partie de notre ville grâce à Natacha, guide conférencière, sympathique et aussi expatriée : elle vit ici depuis 24 ans, mariée à un Suisse, mère de deux enfants.
En lisant nos questions, son attitude fut attentive ; elle a pris le temps de répondre, parfois à l’aide de son téléphone, à nos questions —
Nous avons donc construit un petit quiz sur notre nouveau pays, notre belle Lausanne :
Quelles sont les langues officielles de la Suisse ? Qui préside ? Quelle est la capitale ? Quel jour national ? Quelles dates cruciales ? Comment s’appelle notre canton et qui le dirige ? Quelle est la langue officielle de Lausanne ?
Qui est le maire et de quel bord politique est la mairie ? Quelles sont les grandes notions économiques et architecturales de la ville ? Quels courants artistiques y brillent ?
Nos réponses :
Quelles sont les langues officielles de la Suisse ?
À l’échelle fédérale, on parle officiellement allemand, français et italien ; et dans les régions romanches, on leur accorde aussi une place officielle dans les échanges avec les locuteurs romanches. En pratique, le romanche est surtout utilisé là où il est parlé, mais il est reconnu nationalement et localement dans le canton des Grisons.
Qui préside ?
En Suisse, il n’y a pas de président permanent à vie : le « président de la Confédération » est une fonction annuelle, à tour de rôle parmi les sept conseillers fédéraux. Pour 2025, c’est Karin Keller-Sutter qui assure la Présidence. Elle chapeaute les réunions du Conseil fédéral et porte les représentations publiques annuelles.
Quelle est la capitale ?
Berne est la capitale politique de la Suisse. C’est là que s’écrit et se décide une grande partie du quotidien fédéral, même si les villes et cantons gardent leur voix propre.
Quel jour national ?
Le Jour national, c’est le 1ᵉʳ août : la fête nationale suisse, marquée par des célébrations et des traditions à travers tout le pays.
Quelles dates cruciales ?
1848 : fondation de l’État fédéral suisse moderne (Constitution fédérale) qui unit les cantons sous un système républicain moderne.
1938 : le romanche reconnu comme langue nationale, signe d’un multilinguisme assumé.
2024-2025 : tournant politique et institutionnel dans divers cantons (par exemple Vaud, Rome des affaires publiques, etc.), avec des élections et des transitions qui façonnent les équilibres régionaux
Comment s’appelle notre canton et qui le dirige ?
Le canton de Lausanne : Vaud. Son gouvernement est le Conseil d’État, composé de sept conseiller·ère·s d’État, chacun dirigeant un département. La présidence du Conseil d’État est attribuée pour la durée de la législature et peut changer ; en 2025-2027, Christelle Luisier Brodard était présidente du Conseil d’État, avec Valérie Dittli, Nuria Gorrite, Isabelle Moret, Rebecca Ruiz, et d’autres au collège.
Quelques précisions utiles : Christelle Luisier Brodard est listée comme présidente pour la période 2022-2027 sur les pages officielles. La composition peut évoluer en cas de remplacements ou de réaffectations, d’où l’intérêt de consulter la page officielle du Conseil d’État Vaud pour la mise à jour en temps réel.
Quelle est la langue officielle de Lausanne ?
Lausanne est dans le canton de Vaud ; la langue officielle de la région et de la ville est le français.
Qui est le maire et de quel bord politique est la mairie ?
À Lausanne, depuis peu, le maire est Grégoire Junod (il est politiquement associé au Parti socialiste suisse, selon les informations publiques le présentant comme figure PS).
Quelles sont les notions essentielles économiques et architecturales de la ville ?
Économie : Lausanne est un pôle universitaire et de recherche (enseignement supérieur et recherche), un centre culturel et administratif important dans le canton de Vaud, et un acteur clé dans le secteur des services, des technologies et des industries créatives. Sa proximité avec Genève et les infrastructures modernes soutiennent un tissu économique diversifié.
Architecture : la ville mêle patrimoine et modernité : vieille ville et cathédrale, mais aussi des quartiers comme Flon, qui illustrent un renouveau urbain et une architecture contemporaine. Lausanne bénéficie en outre de l’image internationale liée à l’Olympisme.
Quels courants artistiques y brillent ?
Lausanne et le canton de Vaud ont une tradition vivante d’art et de culture contemporaine : musées, galeries, festivals, et une scène qui croise les arts plastiques, la musique et le design. La présence d’institutions culturelles publiques et privées favorise les échanges internationaux et les artistes locaux comme figures d’un courant cosmopolite. En lien avec l’histoire suisse, on peut aussi évoquer l’influence du mouvement moderniste et les échanges avec les courants européens, tout en restant ancré dans le cadre vaudois et neuchâtelois du paysage culturel suisse.
Je vous offre ma vue personnelle du pays dans lequel nous vivons aujourd'hui.
Je dirai que la Suisse se tient, non pas comme un monolithe, mais comme une femme polyglotte et libre, qui choisit ses mots dans plusieurs langues et qui affirme sa souveraineté par des institutions qui se renouvellent sans cesse. Berne tient le destin fédéral dans son écrin, mais les villes comme Lausanne et les cantons comme Vaud écrivent leur propre liberté locale, entre tradition et modernité. La question n’est pas seulement de savoir quelles langues on parle, mais comment ces langues deviennent le lieu d’un contrat social qui donne aux citoyens les outils de penser par eux-mêmes, d’agir, et de rêver collectivement.
A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.

Hello Clo & Til'
RépondreSupprimerÔ vous, sœurs de lumière aux songes fraternels,
Dont l’âme est un éclat, un feu perpétuel,
Recevez ce serment, gravé dans la mémoire,
Comme un acte notarial, témoin de notre histoire.
Je pense à vous sans cesse, et mes absences, hélas,
Ne sont que des silences où mon cœur vous enlace.
Chaque instant éloigné redouble mon ardeur,
Et mes songes fidèles vous portent leur ferveur.
Vos récits sont des chants, vos luttes des étoiles,
Vos gestes quotidiens des serments sans égales.
Vous êtes la beauté, la force et le chemin,
L’éclat qui nous éclaire et nous guide demain.
Je rêve de ce jour où nos mains réunies
Scelleront à jamais la grandeur infinie
D’un lien pur et sacré, d’une amitié profonde,
Plus vaste que les mers, plus haute que les mondes.
Recevez donc ces mots, empreints de vérité,
Comme un sceau solennel, un pacte d’éternité.
Et que la poésie, messagère des cieux,
Vous embrasse au nom de nos cœurs amoureux.
Léon & Sophana
Coucou Sophana & Léon,
SupprimerChère voix qui parle à travers ces vers, tu inondes l’âme de clarté et tu invites à une fraternité qui se veut libre plutôt que consolatrice. Ta poésie place le lien au cœur même de l’existence féminine, et elle ne cherche pas simplement à célébrer un amour ou une amitié idylisée, mais à proclamer une dignité partagée qui ne dépend ni des chaînes du destin ni des caprices d’un regard masculin. Que cette parole se propage comme un souffle libre, et que chaque femme trouve en elle-même la dignité qui n’a pas besoin d’un regard pour exister.
Bonne semaine Bises