• CONTACT
  • dimanche 7 décembre 2025

    Journal de bord 08/12/2025 Écoute, Résilience, Liberté.

    Deux vies qui avancent ensemble, l'une à l’écoute de l’autre.

    Chloé et moi poursuivons notre route, jour après jour, entre travail, sport et les petits câlins du soir ; comme deux vies qui s’énoncent dans la conscience de soi et l’attention à l’autre. Je suis heureuse de constater que Chloé remonte en selle—ou plutôt sur le vélo—après sa chute ; elle ne porte aucune séquelle de ces acrobaties qui, aussitôt oubliées, pourraient tout autant être des présages que des preuves de résistance.

    J’écris en tant que médecin non diplômée qui parle, témoin des souffrances de ma petite Anna (la jeune fille qui se scarifie).

    Pour cette mission, je vais m’appuyer sur l’aide précieuse de deux professionnelles : Mathilde, pédopsychiatre (sur place), et Irène, psychiatre, collègues et amies.

    Avant de parler de thérapie, je vais tenter d’établir un espace de soutien où elle pourra parler librement et nouer une relation ni familiale ni scolaire, mais humaine et respectueuse. Par cette posture, j’espère offrir à Anna un cadre qui privilégie l’écoute, la présence et la valorisation d'Anna en tant qu’individu unique, bien évidemment sans jamais perdre de vue son environnement familial et scolaire. Elle lui permettra de développer son autonomie, sa confiance en elle et ses ressources personnelles. Faire que cet espace soit propice à son développement psychique et émotionnel, pour qu’elle apprenne à reconnaître et réguler ses troubles sans céder au déterminisme qui voudrait la condamner. Si l’espace de parole se déploie avec discipline et patience, sa liberté peut s’épanouir—non par bravade, mais par une praxis de confiance qui la mènera à devenir elle-même, malgré la blessure qui la marque. L’enjeu principal sera de proposer des interactions régulières avec la pédopsychiatre dans notre espace, afin qu’elle puisse prendre le relais et mettre en place une réelle thérapie. Je ne suis qu'une intermédiaire sans prétention : mon rôle est de soutenir, pas de remplacer, mais de faire que notre petite Anna soit sauvée.

    Revenons à des choses plus guillerettes :
    Comme dans tout ce que je fais, Chloé est venue à mon club de taekwondo prendre quelques photos. Comme vous le voyez, je ne suis pas au plus naturel. Je suis certaine que vous souhaitez savoir comment se déroulent mes cours ; je vous propose donc de partager mon expérience.

    Il me faut reconnaître que je ne suis pas une fervente adepte du rituel qui ouvre et ferme le temps du cours. Dans notre club, on s’aligne devant le maître, par ordre de grade, des ceintures noires aux ceintures blanches ; et, à ses commandements, nous saluons le drapeau coréen en plaçant la main sur le cœur, puis nous nous inclinons pour saluer l’enseignant. Après un bon échauffement, des étirements et des exercices de calisthénie, nous faisons les "kibons" : des répétitions de gestes dans le vide, afin d’apprendre et de répéter les coups de pieds, les coups de poings, les blocages, etc.
    Puis viennent les "poomsés", enchaînements de mouvements ; puis les "han bon kyorugui", qui sont des attaques-défenses sur un ou trois pas. J’ai une préférence plus faible pour cette partie – "Du ho shin soul" – qui est la dimension du taekwondo consacrée à la self-défense, où l’on travaille plus précisément les clés et les projections. À la fin du cours, tout le monde se remet en ligne, comme au début ; nous réajustons notre dobok et notre ceinture, et nous saluons le maître : la discipline s’impose comme une forme de connaissance de soi, à travers le corps et la reconnaissance de l’autre comme sujet libre.

    Sans aucune hésitation, je vous dirais que la chose que je préfère c'est le travail avec les pieds. Ce qui n’est pas dit en cette première partie, c’est que mon corps porte en lui les séquelles d’un effort nouveau et laborieux, et que mes courbatures parlent pour moi autant que mes mots. Je n’apprends pas aussi facilement que prévu, certains muscles des cuisses exigent des étirements qui réorientent ma marche ; et, ainsi, je marche avec une lourdeur qui ressemble à la robuste impéritie d’un automate. Chloé me fait : « Salut Robocop ! » (Cela vous fait rire…) Selon elle, en buvant de la bière et en laissant résonner une voix grave et roque, je devrais pouvoir faire illusion d’un cow-boy. Elle trouve cela très drôle ! (la vengeance est un plat qui se mange froid !)

    Ce week-end, nous avons prévu de franchir le seuil du centre-ville pour nous détendre : Jacques Restaurant, puis le musée cantonal des Beaux-Arts, lieux où l’on cherche non pas seulement des distractions, mais des certitudes sur ce que signifie être femme et être libre dans un monde qui veut nous mesurer à l’aune des rôles. Le dimanche après-midi, direction Jussy (près de Genève), cela va nous faire un peu plus d'une heure et demie de route avec la Tilomobile. Nous allons prendre le thé chez notre témoin de mariage Nadine.

    A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.

    A Bientôt,
    Chlo & Til 

    8 commentaires:

    1. Anonyme12/08/2025

      Bonsoir Til & Chloé
      Chloé qui remonte en selle fait plaisir. Anna aura son espace. Et ces corps qui souffrent – les courbatures, les cicatrices – ne sont pas des défaites, mais la preuve qu’on s’exerce à vivre. Til n’a pas choisi le pathos, elle a choisi la discipline. Celle du taekwondo, où le salut n’est pas une soumission mais une reconnaissance. Celle de l’écoute, où le silence est déjà une victoire sur le bruit du monde. Elle ne guérit rien, elle offre mieux : la certitude qu’on n’est pas condamné. Et le reste – le rire de Chloé, la bière qui fait illusion de cow-boy, le musée où l’on va chercher ce que signifie être libre – est la vie qui non seulement continue, mais qui en vaut la peine. Voilà la révolte, simple et joyeuse. Delphine B.

      RépondreSupprimer
      Réponses
      1. Bonsoir Delphine. Nos valises sont prêtes, nous voilà enfin prêtes à embarquer pour Hossegor. Je vais m’accorder quelques instants pour répondre à toutes ces marques de douceur, vous souhaitant à mon tour une excellente fin d’année, et à l'année prochaine.

        Supprimer
    2. Anonyme12/10/2025

      Chers tous,

      Il est rare que j’intervienne sur le blog, mais il faut absolument que vous lisiez ce commentaire de Delphine : c’est une véritable merveille. En à peine trois lignes, elle capte l’essence de Til, ce qui nous touche profondément, prouvant qu’elle lit avec le cœur autant qu’avec la tête. Observez comme elle n’oublie aucun détail précieux.

      Et cette conclusion : « Voilà la révolte, simple et joyeuse » — on sent qu’elle a tout lu, tout ressenti. Je ne sais pas ce qu’elle fait dans la vie, mais en matière d’écriture, c’est une leçon. Un commentaire en or massif.

      Elisabeth (Zabeth)

      RépondreSupprimer
      Réponses
      1. Bonsoir Zabeth. Il est rare de croiser la voix de Zabeth sur notre blog, et c’est d’autant plus précieux. Oui, je partage pleinement l’idée que le commentaire de Delphine frôle la perfection. Bisous, Zabeth, et à ce soir au téléphone.

        Supprimer
    3. Anonyme12/10/2025

      Hi Til & Chlo, et à toute la commu
      Ouais c'est super que Chlo remonte sur son "biclou" (c'est un vélo en famillier). A vos âges tout se répare très vite, j'suis peut-être pas le meilleur toubib.Til ton implication et ton sérieux m'impressionnent. Je ne sais pas si les autres internes sont autant impliqués. Je vais faire le vieux con mais aujourd'hui c'est plus trop d'actualité le sérieux professionnel chez les gens de votre génération. T'es toute mimi dans ton pyjama. Je vais attendre un peu avant de m'y mettre, j'ai déjà du mal à lacer mes baskets, alors lever la jambe... mais pour le resto j'suis d'accord j'veux bien essayer avec vous, là je suis ceinture noire ! Bon resto, bon musée et bonne semaine. Bisoussss à nos deux trésors. L' Anonyme Romain

      RépondreSupprimer
      Réponses
      1. Bonsoir, Romain. Il est toujours un plaisir de lire et de déchiffrer tes commentaires, qui portent en eux une sincérité lucide. Ah, mon pyjama en lieu et place de mon kimono — une erreur amusante, certes, mais révélatrice de la simplicité de nos routines. Cependant, il ne faut jamais désespérer, car il est toujours temps de cultiver sa souplesse, tant dans le corps que dans l’esprit. Je partage ton avis : les restaurants, c’est toujours une idée judicieuse, un défi à ne pas négliger. Je te souhaite une excellente fin d’année.

        Supprimer
    4. Anonyme12/10/2025

      Salut la Bande,
      Je viens de lire et l'article et les commentaires. Je suis d'accord avec Zabeth le commentaire de Delphine B. est magnifique mais le commentaire de Zabeth l'est tout autant, même que j'ai hésité à écrire. C'est vrai que c'est génial d'avoir un tel niveau de français, et encore je suis certaine de ne pas apprécier toutes les subtilités que Zabeth à pu apprécier. Mais le gros lourd des quartiers te dira : « Bin quoi ? Ouais c'est du français, mais moi aussi je parle et j'écris le français. »

      Heureusement Romain mon sauveur, était là. Il nous a déminé le champ ! lol Et il a raison "biclou" est courant, mais plus dans la génération passée. Un truc de vieux quoi ! On en sait un peu plus sur le Taekwondo et je trouve que le kimono te va très bien.

      Je suis toujours à Tegucigalpa et je ne serai pas en France pour Noël. Je devrais rentrer vers le mois de février Nous avons presque le même temps qu'en France entre 17 et 25 degrés. Sympa pour la plage, même si je suis là pour travailler. Plein de kissoussss mes deux belles et à vous tous. Pamplemousse rose.

      RépondreSupprimer
    5. Bonsoir, Pamplemousse Rose. Il est évident que celles d’entre nous qui ont enseigné aux Ursulines de Tihange portent en elles une certaine empreinte, une expérience que nul ne peut oublier. (rire) Je confesse ne connaître que peu le biclou, mais cela n’enlève rien à la richesse de nos échanges. Que cette fin d’année t’apporte paix et douceur. En attendant, n’hésite pas à nous appeler lorsque tu seras de retour en Europe ; nos voix seront alors réunies pour de nombreux rires. Bisousssss

      RépondreSupprimer