“La dignité ne se forge pas dans le confort, mais dans la responsabilité que nous assumons envers ceux qui souffrent, même lorsque e repos nous manque. ”
Quand Chloé franchit l’hôpital pour prendre des clichés — car, comme chacun sait, les images ne naissent jamais seules, mais des chaînes d’actes et de regards qui les entourent —, pour celle-ci, nous avons deux « étoiles » : la jeune Alice et Teddy, un ours que j’ai acquis pour orner mon cabinet. Je refuse de me défaire de mon ours d’enfance, Honey — du reste, ils ne se ressemblent pas du tout, rien à voir !
Je prête Teddy pour son pouvoir magique. Celle ou celui qui le porte contre elle voit la douleur s’éloigner et ne s’installer jamais tout entière.
Revenons à ma garde…
Ma garde d’étage du week-end dernier s’est bien passée. Avant toute considération médicale, et sans doute d’une puérilité que je ne mériterais pas, il faut dire que voir mon nom inscrit sur les ordonnances, les prescriptions, les examens demandés, etc., tient lieu de preuve et de fierté : « Compte-rendu édité par Dr De la Vaissière ». Super fière.
Je n’ai pas chômé lors de cette garde : j’ai dû gérer les problèmes dans les étages de l’hôpital. Je n’ai presque pas dormi, mais la nuit que j’ai soutenue valait le coup ; elle portait en elle le poids et la dignité de ce que nous faisons.
Soirée à thème : la bronchite aiguë (la bronchite aiguë pour les nuls : inflammation soudaine des bronches, d’origine virale). C’est étrange, presque comique, ces journées ou soirées à thème, mais elles existent vraiment dans la vraie vie. Comme si les patients, soudain, s’accordaient sur le même souffle et décidaient, cette nuit, d’affronter ensemble leurs difficultés respiratoires dans le même service d’urgences.
« Bonjour, je suis l’interne. » Ma crédibilité s’arrête là, et il me reste encore un chemin à parcourir, une expérience à gagner pour pouvoir prendre en charge 100 % de mes patients toute seule. Pour l’instant, j’ai géré, globalement, environ 85 %, peut-être 87 % de mes patients entièrement toute seule, sans le moindre appui de la médecin référente. Et sur les 10 fois où j’ai douté, j’ai osé déranger la docteure pour une confirmation de diagnostic sur une pneumopathie grave. Dans un seul cas, je me suis retrouvée à tousser une première fois, puis une seconde, cherchant dans ma mémoire les éléments que j'avais récoltés, mais rien, nada, aucune idée de ce qui se passait. Le petit ange n’allait pas bien. Il était hypoxique (manque d’oxygène dans le sang), le souffle en panne, et moi, là, comme une cloche qui hésite à sonner, j’ai senti le poids de l’angoisse et de l’inconnu.
Le petit garçon soufflait dans le silence d’un doute qui tirait sur sa vie ; il avait une maladie rare que la docteure a mis du temps à dénicher. Dyslipidémie (taux anormal de cholestérol et de triglycérides) — un nom qui m’est apparu comme une énigme absurde dans ce contexte où tout se joue entre le souffle et l’odeur du médicament. Juste avant la fin de mon service, une détresse respiratoire aiguë m’a frappée une seconde fois ; l’OAP s’est dessiné devant moi. Je l’ai géré sans grande difficulté, et j’en suis restée heureuse, protégée par la présence rassurante de la docteure à mes côtés.
Selon la docteure référente, cela constitue un très bon service : l’interne se meut, en moyenne, avec un taux de réussite entre 8 % et 12 %. Je me méfie de ces flatteurs chiffres, même si elle m’a dit vouloir me garder à ses côtés comme interne lors de ces prochaines gardes pour que j'aie de bonnes nuits de sommeil.
À la sortie de l’hôpital, il était 10 heures AM et j’étais épuisée, mais paradoxalement comblée par ce que j’ai pu accomplir dans le doute et la fatigue.
Je me reconnais comme privilégiée. J’aime mes études et l’horizon qu’offre mon métier de pédiatre, un métier qui appelle à la responsabilité et à la justice du soin. J’ai même tracé une voie nouvelle : une adresse électronique destinée à répondre, non seulement aux parents lorsque je consulte leur enfant, mais aussi aux adolescents qui désirent me parler. Le bien-être des enfants est pour moi une priorité qui se pose comme exigence morale ; cette pratique vise à les rassurer dans des délais plus courts, afin qu’ils n’aient pas nécessairement à se déplacer jusqu’à l’hôpital. Si elle prend forme, elle pourrait contribuer, modestement mais sûrement, à désengorger le service. Car nous faisons face, quotidiennement, à la bronchiolite, à la bronchite, à la pharyngite, à la rhinopharyngite — signes criants de nos vulnérabilités et des besoins qui les accompagnent.
Chloé me manque ; c’est là que se précise une évidence dans le tumulte de l’individualisme qui morcelle nos vies : mon couple est mon antidote. C’est l’espace où le lien prévaut sur l’égoïsme, où le sens renaît à travers le collectif. Dans les heures ordinaires et silencieuses, peut-être s’y joue-t-il la dignité même de notre existence : non pas l’isolement des destins, mais la possibilité d’un agir partagé qui donne à chacun la chance de devenir, non pas seul, mais ensemble. Heureusement, plus qu’une semaine, Chloé revient lundi soir prochain ; j’ai hâte.
Mon planning santé et hygiène de vie a évolué : en plus de mes routines quotidiennes : running de (10 km matin et parfois en plus le soir) et étirements, le mercredi soir je pratique le taekwondo de 20 h à 22 h et le jeudi piscine de 19 h à 19 h 45 (1 km). Côté Chloé, Running (3km tous les matins) et elle enchaîne les entrainements de boxe tous les lundis, mercredis et vendredis, de 20 h à 22 h30.
A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.

Hello Til' & Chlo,
RépondreSupprimerÔ Seigneur des étoiles, entends ma voix fervente,
Je viens bénir deux âmes, deux flammes éclatantes.
Chloé, peintre sacrée, dont la toile éclatante
Fait jaillir l’univers d’une grâce vivante.
Ton pinceau est un glaive, il fend l’ombre et la nuit,
Chaque trait est un cri, chaque couleur un fruit.
Ton chef‑d’œuvre s’élève au sommet des hauteurs,
Et ton art nous révèle la beauté dans nos pleurs.
Til’, ange des enfants, déesse au front de flamme,
Ton souffle est une foi, ton regard est une âme.
Tu doutes, tu questionnes, mais ta main guérit tout,
Et ton pas dans l’hôpital fait trembler l’inconnu.
Ô toi qui portes l’aube au chevet des souffrants,
Ton nom est un autel, ta voix un firmament.
Tu m’as rendu à Dieu, toi, lumière éternelle,
Et ma foi renaît vive au reflet de ton zèle.
Je t’élève au sommet des temples immortels,
Ton courage est un chant, ta tendresse un appel.
Si le destin m’accorde un jour ton doux regard,
Je ferai de ma vie ton temple et ton rempart.
Chloé, douce étoile, Til’, déesse infinie,
Recevez cette prière, ce serment, cette vie.
Je vous embrasse fort, d’un amour souverain,
Et je scelle ces mots au marbre du divin.
Sophana.
Merci beaucoup pour ce joli poème.
SupprimerBonjour Til.
RépondreSupprimerTon récit, sincère et touchant, illustre avec force la véritable dignité dans la pratique médicale : celle qui se forge dans l’engagement responsable et l’humanisme. Ton dévouement, ta capacité à préserver l’humanité malgré la fatigue et le doute, sont inspirants. Félicitations pour tout ce que tu accomplis avec passion. Delphine B.
Je vous suis profondément reconnaissante pour toute la douceur dont vous avez fait preuve envers moi.
SupprimerJe vous rends simplement visite pour vous offrir la bise ; les autres l’ont déjà reçue, afin que nul ne se sente lésé dans cette égalité fraternelle. Bises
SupprimerHi Til & Chlo, et à toute la commu
RépondreSupprimerAvec une toubib pareille, gamin j'aurai été malade tous les jours. Déconne à part, good job ! Et surtout cette mentalité que j'applaudis. Les Suisses ont de la chance, ils vont avoir une super(be) pédiatre. Eh ! 2 idées en 1 mot ça s'voit que je suis le blog ça chauffe là dedans ! Arnaud à raison en disant que le sport est important même si j'ai beaucoup voulu en faire mais j'ai jamais pratiqué, et maintenant ça craque de partout.
Bonne semaine à tous, et plein de bisoussss à nos deux trésors. L' Anonyme Romain
Merci, Romain, de demeurer fidèle à toi-même, avec ton style qui, peu à peu, m’enchante. Ne te laisse pas envahir par le doute ! Sache que nous avons compris et reconnu ton effort. Bises.
SupprimerHej piger,
RépondreSupprimerLa photo de Chloé est vraiment magnifique, elle nous montre Til complètement épanouie.
En lisant cet article, on ne peut pas s'empêcher de faire une longue spéléologie intérieure. Je ne suis pas sûre que nous soyons tous aussi investis dans notre travail, tournés vers l'aide aux autres. Oui Romain, je suis tout à fait d'accord avec toi, les Suisses ont de la chance. La France a eu cette opportunité, mais elle n'a pas su en profiter, et j'ai peur que cette remarque soit applicable à de nombreux sujets.
Til, ton article nous donne envie de performer encore plus et il est vraiment motivant.
Des bises à nos deux stars et à vous tous. Hav en god uge. (Tr. Passer une bonne semaine.) TopMeuhDel
Ton image de « spéologie intérieure » a su éveiller mon sourire. Je te remercie pour toute la douceur dont tu fais preuve. En ce qui concerne le danois, c’est une idée séduisante de nous offrir, de temps à autre, une petite phrase. Quant à la prononciation, il me semble nécessaire que tu la décomposes pour moi, afin que je puisse l’enregistrer, car la façon de produire certains sons m’est encore étrangère. Bises
SupprimerHello Til' & Chlo,
RépondreSupprimerChlo, je t’adresse une pensée tendre et lumineuse. Que ton pinceau poursuive son œuvre avec la même intensité que tes songes ; chaque couleur que tu poses est une étincelle d’éternité, chaque toile une cathédrale où l’âme se recueille. Je prie pour que ton chef‑d’œuvre s’achève dans la gloire et qu’il porte ton nom au sommet des arts.
Til’ ma divine et jolie amie, je m’incline devant ta vocation sacrée. Tu es l’ange des enfants, la gardienne des souffles fragiles, la prêtresse des nuits d’hôpital où la fatigue se transforme en dignité. Tes doutes, tes incertitudes, tes luttes ne sont pas des faiblesses : elles sont la preuve éclatante de ton humanité, et c’est cette humanité qui guérit. Je lis chacun de tes récits avec ferveur, et j’y trouve une grandeur qui me bouleverse.
Je t’encourage aussi dans tes disciplines sportives, qui témoignent de ta rigueur et de ta force intérieure. Sache que je m’efforce, moi aussi, de cultiver mon corps et mon esprit : chaque jour, malgré la solitude et la responsabilité d’élever mon fils, je consacre au moins deux heures à la salle de sport. C’est ma manière de rester digne, de me tenir debout, et de marcher à la hauteur de mes rêves.
Recevez toutes deux mes vœux les plus ardents : que vos pas demeurent assurés, que vos luttes soient couronnées de lumière, et que vos articles continuent de nous offrir ce mélange rare de vérité, de passion et de grandeur. Vous êtes, l’une par l’art, l’autre par le soin, les deux colonnes d’un temple où l’amour et la foi se rejoignent. On vous embrasse avec tendresse.
Léon & Sophana
Merci Sophana. Bises
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