“Perfectionnée, la rigueur devient compassion.”
Chloé poursuit, avec une ardeur obstinée, son dernier ouvrage ; nul doute que, livrée au télétravail, elle s’emploie avec une intensité soutenue. Et cependant, elle se contraint à maintenir notre logis dans une impeccabilité devenue pour elle une fierté et une responsabilité, comme si la propreté du foyer était une condition même de son existence. Le fait que je propose que nous recourrions aux services d’une femme de ménage constitue un refus catégorique : elle refuse catégoriquement, comme si toute aide extérieure bridait, dans son esprit, l’authenticité de son propre travail et de son engagement.
Cette semaine, l’inattendu est venu frapper à notre porte comme une vérité improvisée : ma bien-aimée a franchi, sans prévenir, le seuil de l’hôpital à deux reprises. La première fois pour me prendre en phto, la seconde fois amenée par les pompiers. Ceux-ci l’ont conduite ici malgré son âge, car la prise en charge est normalement réservée aux mineurs. La roue avant de son vélo s’est coincée dans le rail du tramway, provoquant un vol plané bref mais intense. J'ai pu l'osculter, malgré ses gérémiades, ses cris et ses pleurs. Rien de grave, juste une grande frayeur, quelques écorchures et des hématomes racontant l’épreuve, mais rien de cassé. Je crois que c'est plus le contrechoc d'être tombée qui était le plus important.
Tout ceci nous rappelle que Chloé n’est pas encore destinée au grand numéro du Cirque du Soleil. La figure qu’elle a tenté d’exécuter devra être révisée, avec une rigueur certaine : la roue avant est complètement déformée — défaut de peintre sans doute ? Vouloir que sa roue de vélo ressemble aux montres molles de Dalí. Résultat : nous allons devoir changer celle-ci, et surtout être plus attentives et plus prudentes à l’avenir, car aujourd'hui c'est un avertissement sans frais, la prochaine fois peut-être tout autre.
Après mon service, il me faudra gagner le lieu de l’accident pour reprendre le vélo, encore lié au poteau, et le conduire chez le réparateur. Cela me semble un acte réfléchi et responsable, puisque je veux savoir si la défaillance se borne seulement à une roue ou si la fourche a reçu un coup qui pourrait altérer l’usage ou, pire encore, mettre en danger Chloé. Si tel est le cas, par souci de prudence, nous ne le garderons pas et en solliciterons un autre, afin de préserver une entière sécurité à Chloé. Attendons d'avoir le diagnostic du professionnel.
Cela n’était pas ma semaine, puisque lors d’une de mes consultations, j’ai été confronté à une fillette de dix ans qui s’automutile. Elle se scarifie avec des objets coupants. Les enfants affichant un comportement autoagressif ne veulent pas nécessairement mourir, mais la répétition est inquiétante et choquante.
Après avoir pansé ses lésions corporelles modérées — à l’exception d’une entaille pas belle du tout que j’ai du mal à effacer de ma mémoire —, j’ai tenté de comprendre ce qui se passe dans sa petite tête. Quelle est l’origine du déclencheur de ce stress ? Ses parents s’entendent bien, donc pas de divorce en vue ; elle a l’attention de ses parents, elle obtient de bonnes notes en classe, et il n’y a pas de conflit majeur avec ses camarades. Quelle est cette souffrance émotionnelle ? D’où vient cette envie de se faire du mal ? Aucun doute, c’est un appel au secours, mais lequel ? Dix ans c'est tôt, le pic se situe plutôt vers les quinze ans.
J’ai incité, lors de la consultation, l’enfant à écrire un journal intime ou un blog. Elle est venue à mes côtés et je lui ai montré mon propre blog, en lui disant que moi aussi j’écris quand cela ne va pas — ce qui n’est pas totalement faux, comme je le fais ce soir. L’écriture peut être une forme de libération, un moyen de mettre à distance ses émotions.
A son petit minois, j’ai lu sa surprise mêlée d’incrédulité, et sa phrase — « Mais t’es docteur ! » — m’a frappé comme un témoin de la façon dont le regard peut mêler pouvoir et vulnérabilité. Nous avons réussi à communiquer un tout petit peu, mais je ne suis pas arrivée à une réponse ; pourtant il me semble certain que ce geste a un sens logique dans sa petite tête.
Je l’ai orientée vers une pédopsychiatre confrère afin qu’elle puisse poser une évaluation plus précise et l’aider. Il se peut qu’elle nécessite aussi l’accompagnement d’une psychologue pour trouver, avec un soutien adapté, les conditions qui lui permettront d’avancer. J’ai également dû rassurer les parents qui étaient anéantis, tétanisés par la panique. Normal, diront certains : il est difficile de ne pas s’angoisser dans un tel cas. Comme à chaque fois, les parents se sentent coupables, se fustigent de reproches et de ne pas s’être aperçu qu’elle souffrait. Je les ai encouragés à solliciter l’aide d’un psychologue et à entrer en contact avec une association où ils pourront rencontrer d’autres parents vivant la même situation et échanger des discussions collectives.
Ce long rendez-vous, le fait de ne pas pouvoir aider cette fillette et cette famille, ont provoqué en moi une remise en cause personnelle et angoissante : « Suis-je suffisamment compétente pour être interne ? Suis-je faite pour devenir pédiatre ? »
Irène me décrit comme quelqu’un de peut-être trop perfectionniste, qui se condamne et se condamne encore pour n’avoir pas, à l’instant présent, produit une aide plus efficace. Cette frustration m’envahit et j’ai le sentiment d’être piégée dans une condition où mes capacités ne me permettent pas d’aller plus loin. Je suis déçue quand tout ne se déroule pas comme je l’espére. Par habitude, sans même m’en apercevoir, je me culpabilise.
Selon Irène, il existe en moi un manque de confiance qui me pousse à me faire princesse ennemie, à me presser et à viser des objectifs irréalistes — y compris dans ce contexte précis. L’esprit critique est utile, mais il réclame du recul et un assentiment lucide à la nécessité. Irène me rappelle que j’ai su orienter ma patiente vers des spécialistes pour des examens complémentaires et un traitement approprié. Elle me rappelle aussi qu’un pédiatre généraliste n’équivaut pas à un pédopsychiatre, ni à un cardiologue ou à un neurologue. Irène insiste sur le fait que mon destin est de devenir pédiatre en médecine générale, d’être une référence pour mes patients et de pouvoir évaluer l’état de santé de ceux qui me sont confiés. Mon rôle est central : guider l’orientation et le suivi des patients, tenir à jour leur dossier et coordonner leur parcours en centralisant les avis des autres soignants.
En somme, Irène m’a un peu réprimandée, et cela était justifié. Je vais néanmoins me plonger dans quelques ouvrages afin d’approfondir mes connaissances sur cette maladie et, qui sait, peut-être serai-je plus performante lors de la prochaine occasion.
Cette réflexion m’interpelle comme une épreuve et une prise de position. Je dois reconnaître mes limites et assumer la nécessité de les dépasser par l’action et l’effort, sans illusion sur la facilité du chemin. Mon apprentissage doit se poursuivre avec humilité et détermination, car la liberté n’est pas un don mais une conquête permanente.
Nos vies, telles la roue de vélo déformée de Chloé, nous obligent à réajuster nos trajectoires pour ne pas perdre l’équilibre ; ce ne sont pas des accidents, mais des tests de notre responsabilité. La patience, l’attention et la compassion doivent devenir nos guides : chaque pas, même minime, peut être une praxis de confiance, non pas pour nous sauver nous-mêmes, mais pour affirmer ce que nous avons à faire dans le monde et pour inventer nos voies avec conscience et éthique.
Je vous prie d’excuser ce débordement de confidences : j’avais besoin d’un défoulement, de vider mon sac, comme l’on dit. Mettre par écrit ce qui m’use me soulage et retire le fardeau qui pesait sur moi, mot après mot, jusqu’au blog. Ensuite, je me sens plus légère, presque délivrée. Cette pratique m’offre aussi l’opportunité de prendre du recul face à une situation qui m’échappe encore, et que j’apprends à observer sans la brûlure immédiate de l’émotion. Une méthode qui me convient et qui me permet de mieux évacuer mon stress.
Ce week-end, nous irons enfin à Berne pour rendre visite à ma grande tante, et découvrir la ville. Chloé, dont l’imagination ne connaît point de bornes, me dit : « J’espère que nous croiserons Stéphane ! » À cinq ans, tout est possible ; à vingt-cinq, je ne dirai pas ce que j’en pense… Nous ne pouvons pas exceller en tout, et l'humour n'est peut-être pas la plus grande spécialité de ma bien-aimée, mais je l’aime néanmoins.
A vous tous, je vous souhaite une excellente semaine.
A Bientôt,
Chlo & Til

Salut la Bande,
RépondreSupprimerJe suis vraiment la plus grande fan du blog execo avec Arnaud bon Romain je ne suis pas sûre.... MDR Je ne peux pas manquer un seul article. J'ai vu que Romain avait partagé comment on s'est croisés à l'aéroport, c'était sympa. Comme lui, j'ai pas mal de travail.
Une cycliste qui n'est jamais tombée au moins une fois, ça n'existe pas. Pas trop de blessures, et ça arrive, c'est ce qu'il faut se dire. La petite a de la chance d'avoir croisé une pédiatre talentueuse. Espérons que ton message soit bien passé, et qu'elle puisse profiter pleinement de son enfance. Je pense que c'était une bonne idée de lui avoir montré ton blog. Tes défauts sont aussi tes qualités, Til. C'est ce qui fait que tu es si brillante et intelligente.
Nous avons tous un petit quelque chose d'imparfait. L'essentiel est de vivre en harmonie avec soi-même et les autres. J'attends avec impatience le repas du club. Ça me fera plaisir de vous voir et de pouvoir vous embrasser toutes les deux.
Bonne semaine à vous deux et aux autres le la commu Je vous kisssssss tous très fort. Pamplemousse rose.
Coucou, ma belle,
SupprimerC’est une étrange joie que celle de rencontrer un ami alors que l’on se trouve à l’autre bout du monde; le monde, qui paraît d’abord sans cesse tranché, se révèle peut-être plus contingent que nos habitudes ne veulent le croire.
Chloé ne se distingue pas par l’art de l’acrobatie, nous en avons désormais la certitude; peut-être est-ce là le signe que chaque performance humaine, même la plus fragile, mérite d’être regardée sans illusion et avec une attention obstinée. Quant à Anna, la jeune fille, l’avenir seul nous dira si cela a fonctionné. Je ne sais pourquoi, mais en te lisant, mes épaules se raidissent d’une sorte d’orgueil nerveux – une pointe d’orgueil, sans doute, qui n’est que l’écho d’un désir de transparence et d' authenticité.
Le repas approche; il ne reste plus que le dernier virage avant que nous soyons réunies. Bonheur pour cette semaine. Bises.
Hello,
RépondreSupprimerChloé, tu es une excellente photographe ! Il faut absolument prolonger le bail de muse de Til. En plus, je suis pratiquement certain qu'elle y prend goût et qu'elle sera ravie. Non, sans rire, c'est top.
Effectivement, Pamplemousse rose, je pense modestement que nous sommes sur le podium du super blog de Til et Chlo lol.
La probabilité que vous vous croisiez avec Romain à l'aéroport était minuscule, c'est fou !
Bon je rassure Romain, des fois moi aussi il faut que je me pose pour lire et tout saisir comme cela demande réflexion. Le style de Til est un bijou. Vivement la sortie d'un livre que j'en commande 15 exemplaires ! J'espère vraiment qu'un jour, ça arrivera.
Concernant le blog, Til, c'est un immense plaisir de lire ce que tu vis même si évidemment, je souhaiterais que ton ressenti au travail ne te tourmente pas.
Je pense que toute jeune interne passe par ses moments de doute même si pour toi, cela semble exacerbé. En tout cas, je suis de tout coeur avec toi et je suis sûr qu'Irène pourra t'aider.
Bonne adaptation à la luminosité automnale et à la nuit à 18h.
Bises à tout le monde.
Ciaociao
Coucou Arnaud.
SupprimerOui, elle est une photographe compétente, parfois un peu pénible, et il me faut apprendre à vivre avec une artiste.
Il m’est arrivée à New York, presque avec la même invraisemblance, de croiser une camarade du club d’escrime dans l'éaéroport.
En ce qui conerne mon style d'écriture... Désormais, ce n’est plus mes chevilles qui s’enflent, mais ma tête qui semble se gonfler. Chloé me dit que l’expression véritable, c’est ce moment où l’on avoue: « je prends le melon » (Well.) Ce n’est pas que je sois difficile à lire, c’est juste que je ne suis pas lisible entièrement: c’est là le vrai problème,par manque de clarté.
Pour un livre ? Je n’en sais rien, mais je vais déjà tenter d’esquisser ma thèse et nous verrons ensuite.
Quant à mon travail, c'est l'une de mes imperfections: peur d’un manque de compétence; peur de ne pas être capable d’y parvenir. J’espère seulement que cela est plus supportable pour les autres, que ce que je vis. Mais oui, Irène parvient à me sortir la tête de l’eau — déjà, c’est quelque chose.
Bonheur pour cette semaine. Bises.
Hej piger,
RépondreSupprimerChloé, comme le dit Pamplemousse rose, en faisant du vélo, un jour ou l'autre, nous finissons par tomber. J'en parle avec expérience, ayant passé des années à faire du vélo au Danemark. À Paris, je suis plus prudente, car je trouve que les automobilistes roulent trop vite et respectent moins le code de la route que dans mon pays d'origine. J'espère que les bleus vont rapidement disparaître et que les blessures vont cicatriser très vite. Til, je fais comme Chloé, quand je tombais enfant, je faisais des grimaces avant que l'on ne me touche.
Arnaud a raison, je pense que le doute s'installe à un moment donné chez toutes les personnes ayant un long parcours, et peut-être encore plus dans le domaine médical, car vous savez que vos erreurs peuvent avoir des conséquences beaucoup plus graves que dans de nombreux autres domaines. Je ne suis pas certaine de trouver les mots qui te rassurent, lol. Oui, Irène va t'aider à franchir ce cap, et il est vrai que tu as cette grande chance, donc profite-en pleinement.
Concernant la scarification, ma sœur est passée par cette étape, mais elle avait environ 16 ans. Cela n'a pas duré très longtemps. Gud takk (cela signifie Dieu merci en danois, bien qu'habituellement, on écrive tak avec un seul "k", mais la forme correcte est avec deux "k"). C'étaient des coupures très superficielles, mais suffisamment inquiétantes pour causer du souci à toute la famille. Cela n'est peut-être que passager. Je suis d'accord avec Pamplemousse rose, elle a de la chance d'avoir eu une jeune interne, cela peut l'aider à s'identifier, et l'idée de montrer ton blog et de lui dire que toi aussi tu as des soucis est géniale. Espérons que cela va fonctionner pour elle (et pour toi).
Je crois que nous sommes tous plus ou moins égaux lorsque nous lisons le blog, nous sommes juste un ton en dessous si nous sommes honnêtes. Ce qui m'impressionne, en plus de ce vocabulaire interdisciplinaire, c'est cette facilité cognitive à relier les choses. C'est à ce moment-là que je réalise la différence de quantité d'ouvrages que Til a ingurgités.
Une amie, prof de lettres, qui te suit depuis peu, a adoré ta réponse au sujet du poème, et moi, eh bien maintenant, j'ai tout saisi. Moi aussi, j'ai le droit de faire la fière devant les autres membres de la communauté ! lol
En attendant le repas du club et de vous faire des câlins en direct, je vous envoie de grosses bises à toutes les deux ainsi qu'à la communauté.
TopMeuhDel (Benedikte)
Coucou Bene,
SupprimerOui, je suis actuellement en couple avec la schtroumpfette, mais ce n’est pas le signe d’un incident tragique. Lol, tu ne me rassures pas quant à mon travail, et j’en prends acte sans illusion: c'est le geste qui compte ! Ce soir, peut-être, je m’endormirai un peu moins ignorante : j’ai appris à dire « Dieu merci » en danois. Il faudra toutefois trouver l’occasion de placer cette phrase, et cela n’est peut-être pas si simple; les danois ne sont pas légion dans mes connaissances.
Il reste ce qui est toujours décevant: ne pas percer un mystère qui pourrait changer la vie d’un enfant. J’ai fait ce qui dépendait de moi; l’avenir dira si cela était suffisant, ou inutile. Oui, ma réponse au poème est peut-être compacte, mais je n’arrivais pas à trouver une forme plus facile à lire: pardonnez mes lacunes, si cela vous paraît compliqué.
Et oui, je te dis au repas: bonhœur pour cette semaine . Bises.
Hi Til & Chlo, et à toute la commu,
RépondreSupprimerTous les potes ont écrit, alors moi aussi. Wouai c'est le pb des deux-roues. Tu es dessus et à un moment tu ne sais pas trop pourquoi tu te retrouves à embrasser le bitume. Bon ben voilà, c'est comme ça, tant que c'est pas grave. Chloé, faut pas que tu attendes trop pour remonter dessus, sinon après tu vas avoir la trouille. J'suis d'ac avec Arnaud, les photos de Chloé sont très belles. Par contre, connaissant Til, ça doit un peu la gêner, (j'ai pas dit un peu chier !) mais c'est le problème d'être une star, après il faut assumer. C'est pour ça que je suis resté moche : ma timidité.
Je confirme Béné, tu ne l'as pas rassurée MDR. Til c'est parce que tu sais te remettre en question que tu es autant performante. Le con ne doute pas de lui et ne se remet jamais en question, normal car il est con.
Mouais pas toujours fastoche de lire le blog, sauf que j'suis pas un étage en dessous mais à la cave. Mais comme dit Arnaud, en relisant calmement un nombre de fois, on finit par comprendre.
D'ac avec Béné, son vocabulaire XXL est déroutant, mais toujours à bon escient. Ça fait aussi partie du charme du blog, nous apprenons toujours quelque chose, même sur des choses banales de la vie comme le dit Arnaud. Parfois un mot sort du blog au cours d'une conversation avec des amis ou un client, et là tu es le premier surpris mais aussi fier, donc merci pour ça.
Quant à la gamine, ça fait mal au cœur, et je pense vraiment que tu l'as aidée. Jusqu'où ça, on ne peut pas savoir, mais tu as fait de ton mieux.
Je sais si vous verrez Stéphane à Berne lors du week-end, mais ta réaction m'a fait rire. Les choses simples ont aussi du bon.
Bonne semaine à tous, et plein de bisoussss à nos deux trésors et des bisous magiques sur les plaies de Chloé. L' Anonyme Romain
Coucou Romain,
SupprimerTu as une perception des deux-roues qui t’appartient, et cela m’a fait sourire, comme une évidence qui se laisse seulement entrevoir.
Merci pour Chloé. Quant à moi, oui, je me situe dans cette disposition que tu décris, mais il est vrai que j’aurais peut-être choisi d’autres mots.
Ce n’est pas très juste de se gausser de sa copine qui voulait me rassurer – MDR, dirait-on presque banalement dans le bruit du monde. Avec toutes ses qualités que vous me prêtez: je pourrais bien finir par exploser. Ne te sous-estime pas, même lorsque tu joues à l'enfant rebelle; avec ton langage de la révolte pleinement assumée comme une position existentielle.
Contente de t’avoir fait rire. Bonheur pour cette semaine . Bises.
Coup de cœur !!!! j’ai bien aimé les articles de Til et Chloé. Quand j’ai ouvert le blog, je croyais le blog plus lesbien, là c'est plus le blog d'un couple normal. Je découvre que même des meufs comme Chloé et Til ont des problèmes, même s' ils sont différents des miens. La communauté parait sympa, je vais rester un peu et on verra. Astrid
RépondreSupprimerBienvenue, Astrid,
RépondreSupprimerCe que l’on croit connaître des femmes, ce que l’on croit savoir d’elles en général, ne suffit pas à décrire ce qui peut se jouer entre Chloé et moi. L’orientation—qu’elle soit nommée, ressentie, ou interrogée—reste, pour chacun, une question de vérité personnelle qui se révèle dans l’action et dans le temps.
Oui, nous faisons, comme tout le monde, face à des difficultés; ce n’est pas cela qui définit notre essence, mais la manière dont nous choisissons d’y répondre.
Nous avons une chance: une communauté qui peut être regardée comme la présence d’autrui qui nous soutient et nous pousse à devenir. Des personnes qui valent par leur humanité, non par des étiquettes, et dont la dignité se révèle dans la façon dont elles soutiennent les autres et aspirent à mieux être.
Je t’invite à prendre une chaise, puis, si tu le souhaites, assieds-toi par terre. —pour dire ce qui te tient, pour écouter ce que l’on peut devenir ensemble lorsque l’on se parle sans artifice.
Bonheur pour cette semaine et à bientôt.