Nos boissons préférées
Cette page devrait vous mettre l’eau à la bouche, « surtout si vous êtes croyant », pour reprendre l’humour de Mère, puisque nous allons parler des eaux, mais surtout de nos vins préférés.
La semaine durant, Chloé et moi restons abstèmes. Nous ne nous autorisons un verre que les week-ends, entourées d’amis ou en sortie, quand la convivialité s’impose et que l’esprit peut s’échapper, ne serait-ce qu’un instant, grâce à un verre partagé.
Il m’arrive d’atteindre ce moment singulier où ne subsiste plus qu’un tête-à-tête amoureux entre moi et mon vin, et où tout ce qui m’entoure disparaît, comme si le monde entier se rétractait autour de cette rencontre. Je dois vous sembler bien égoïste. Et c’est vrai.
L’un des rares traits que je partage avec Père est cet amour du bon vin. Il l’a nourri par ses cours de dégustation et ses leçons d’œnologie, et moi par les nombreux ouvrages que j’ai lus sur le sujet. Nos goûts diffèrent toutefois : Père préfère Bordeaux, et moi la Bourgogne. Cela dit, je ne refuse jamais un Saint-Estèphe Château Cos d’Estournel, un Saint-Émilion Château Pavie ou un Château Angélus quand l’occasion se présente.
L’eau
Mais commençons par l’eau : sait-on jamais, nous avons toujours le droit de croire au miracle ! Sembrancher, plate et gazeuse. Depuis que nous vivons en Suisse, nous buvons l’eau plate à table, et sa version gazeuse pour une petite soif en milieu d’après-midi.
L’apéritif
Ni Chloé ni moi ne sommes attirées par le Spritz ou le Mojito, les deux cocktails à la mode : ils ne trouvent guère d’écho dans notre sensibilité. Chloé choisit une coupe de champagne nature ou un verre de vin blanc liquoreux. Je préfère un Bellini, version champagne : de la purée de pêches fraîches, sans sirop ni crème de pêche, et une coupe de champagne.
Le champagne
Chloé n’est pas exigeante : « pourvu qu’il ait des bulles », me dit-elle. Pour ma part, je choisis le Dom Pérignon Plénitude P2. Il repose sur le Chardonnay et le Pinot noir, les deux cépages de ma Bourgogne : c’est un peu ma région dans une flûte.
Mes rouges
Nous arrivons au cœur de cette page : mes vins rouges préférés, pour lesquels Chloé me fait entièrement confiance.
J’aime l’appellation Bourgogne Hautes-Côtes de Nuits, située à l’ouest de la Côte de Nuits, sur des plateaux et des vallons en altitude, juste au-dessus du vignoble prestigieux. À proximité se trouvent des villages mondialement connus : Gevrey-Chambertin, Vosne-Romanée, Chambolle-Musigny, Nuits-Saint-Georges.
Notre vin de table habituel est un Côte de Nuits-Villages du Domaine Leroy, qui allie qualité et prix raisonnable. Je sais que certains me jugeront. Peu m’importe : c’est la vérité, et c’est le vin que j’aime.
Mon vin préféré est le Gevrey-Chambertin 1er Cru Clos Saint-Jacques du Domaine Armand Rousseau, le summum à mes yeux. Un Premier Cru, oui, mais l’un de ceux qui ne craignent aucun Grand Cru : puissant, de caractère, 100 % Pinot noir.
Pour notre mariage, mes parents nous ont offert un Romanée-Conti Grand Cru 2005 du Domaine de la Romanée-Conti. Alors ? Un équilibre parfait, des tanins d’une finesse exceptionnelle, une finale qui n’en finit pas. Trop bon ! Seul le prix peut faire tousser.
Les Romanée-Conti sont produits en toute petite quantité, très rares et très recherchés : c’est la loi du marché qui fixe le prix. Une bouteille a un coût, c’est pourquoi je n’en avais jamais bu avant mon mariage. C’est pour un événement rare ! C’est un peu mon défaut : quand j’ai très envie de quelque chose, j’en parle à Père, et voilà... hi ! hi ! hi !
Si vous poussez la curiosité jusqu’aux extrêmes, les pièces de collection comme le Romanée-Conti 1945 se sont vendues aux enchères pour des sommes vertigineuses, culminant à plus de 700 000 euros (812 500 dollars) à New York. Ces bouteilles sont généralement achetées par des collectionneurs ou comme placement financier, plutôt que pour être mises sur table au quotidien. On trouve encore des ventes de ce même millésime à des prix de départ très variables, d’environ 14 173 euros à 482 000 euros selon le domaine et les conditions, ce qui témoigne, s’il en était besoin, de l’ampleur spéculative qui entoure ces pièces. Spéculer sur le vin sans connaître les grands domaines et les grandes années me semble risqué, et c’est mon avis.
La question récurrente : cela en vaut-il le coup ? Si certaines bouteilles affichent des prix extraordinaires depuis plusieurs décennies, c’est peut-être que ce qu’elles contiennent est tout aussi extraordinaire... mais le prix ne garantit pas le plaisir : mieux vaut goûter que se fier à l’étiquette.
Mes blancs
Sec, demi-sec, moelleux, liquoreux : le choix est vaste. Voici tout de même quelques noms.
Liquoreux
- Château d’Yquem, Sauternes Premier Cru Supérieur : un Bordeaux, l’excellence du genre, et le blanc préféré de Père.
Blancs secs
- Chevalier-Montrachet et Criots-Bâtard-Montrachet du Domaine Leroy : nous revenons à ma Bourgogne ! Le blanc préféré de Mère. Lol, cela ne vous donne pas la mesure de la qualité : un vin d’exception.
- Montrachet du Domaine de la Romanée-Conti : notre vin blanc à Chloé et moi. Un vin de fête plus que de tous les jours, mais pour nous, il a sa place.
Mes digestifs
Dans l’art du digestif, notre carte reste modeste : nous proposons peu de produits à nos invités. Je commence par ce qui, chez moi, me parle le plus profondément et surprend souvent mes proches : le Marc de Bourgogne du Domaine de la Romanée-Conti, le Cognac Rémy Martin Louis XIII, le Bas-Armagnac Château de Laubade 1970 et le Calvados Pays d’Auge Christian Drouin 1990. Puis, pour rompre avec la pesanteur, un saké Junmai Daiginjo 2021 (depuis peu).
Six petites astuces pour les vins
1) Méfiez-vous des médailles. Une médaille n’est pas un signe officiel de qualité. Les grandes étiquettes et les appellations prestigieuses sont absentes des concours : elles ont tout à perdre et rien à gagner. Si l’on vous vante un vin parce qu’il est « médaillé », restez prudent : c’est souvent de la communication.
2) Regardez le domaine. Le goût, la couleur et l’odeur changent d’un domaine à l’autre, tout comme le prix, selon la renommée du domaine et le terroir. Un Grand Cru est l’expression d’un terroir, un climat classé pour ses conditions exceptionnelles, et il est souvent plus équilibré et plus riche.
3) Achetez-le dans de bonnes conditions. Le vin est fragile : il demande une température constante, entre 12 °C et 14 °C. Au-delà, il vieillit plus vite. Il n’aime ni la chaleur des rayonnages ni les secousses, et ce n’est pas une bouteille d’Orangina ! Cave, caviste ou domaine : choisissez des lieux qui le conservent bien.
4) Aérez-le. Ouvrez la bouteille, ou mieux, carafez le vin avant le dîner. Il n’y a pas de règle fixe, et ouvrir trop longtemps à l’avance un vin vieux risque de lui faire perdre ses arômes. Comptez environ 2 heures pour un rouge jeune, 1 heure pour un vin vieux ou un blanc. À mesure que le vin s’aère, les arômes évoluent, tout comme le goût. Un Vosne-Romanée, par exemple, révèle des notes balsamiques (résine de pin) et de sous-bois (champignon).
5) Servez-le à la bonne température et en petite quantité. Un rouge se sert à 16 °C pour exprimer toute sa palette aromatique. Ne remplissez jamais le verre : un tiers suffit : il laisse la place pour aérer le vin et sentir les arômes. Buvez lentement, et profitez de tous ses parfums.
6) Ne le gardez pas éternellement. Les vins rouges courants se boivent entre 4 et 10 ans. Les grands vins, eux, peuvent vieillir plusieurs décennies : c’est là qu’on parle de vins de garde.
Bonne dégustation avec vos amis et votre famille !
Se respecter et respecter les autres, c'est prendre soin de soi et de ceux qu'on aime. Dégustez avec modération, évitez les excès, et ne prenez jamais le volant après avoir bu : Nous vous aimons prenez soin de vous.
